<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964</id><updated>2009-10-17T19:36:27.952-07:00</updated><title type='text'>le mèche-meche en folie</title><subtitle type='html'>Le Levant par le tout petit bout de la lorgnette</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>20</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-224371176966656900</id><published>2008-09-29T01:25:00.001-07:00</published><updated>2008-09-29T01:25:49.464-07:00</updated><title type='text'>Enfance de Sameh Al-Ashhab</title><content type='html'>Sameh, de son enfance, ne se souvenait pas de grand-chose. Une page blanche, laiteuse mais vivante, d’où émergeaient ça et là, comme des proéminences sanguines. Un doigt éruptif de douleurs et de violences que la peur, le choc, figeait dans la glace mémorielle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ma mère, enfin je veux dire ma sœur. Ma sœur, enfin, je veux dire ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il était animal, recroquevillé sur ses peurs, sur l’essence même de son identité : le mal-aimé, l’abandonné, victime expiatoire et, pour l’éternité. Il payait. Le Coran n’affirme-t-il pas que chaque enfant vient au monde avec sa part de bénéfices décomptés ad memoriam, sans qu’il y ait grand-chose à faire pour en augmenter ou en déprécier le montant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, tout de même, comme des instants d’un bonheur affluaient à la surface de sa mémoire. La première fois, par exemple, que Sameh avait vu SA bicyclette, l’attendant dans le liwan  de leur maison ottomane de Jérusalem. Cette demeure qu’ensuite, il fallut quitter quand les juifs avaient décidé d’agrandir leur quartier et de démolir Harat al-Mograbi, là où les siens vivaient sous la protection d’un oranger centenaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle était si belle ma bicyclette, disait-il, nu, dans son lit parisien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle était rouge. D’un rouge de Winston filters, ajoutait-il préparant le café turc sur le réchaud en cuivre, posé dans la mini-cuisine de son studio du 13e Parisien, mélangeant le café qui montait bouillonnant dans la casserole, diluant le marc, le poignet rotatif, revenant pour lisser les bulles d’un noir vaporeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle était puissante, quand je dévalais les rues de la vieille ville pour me rendre dans l’épicerie de mon père. C’était son cadeau. Un présent, peut-être le seul, qu’il ait jamais pu se permettre. Je ne sais plus. Sans doute que l’ensemble de la famille avait contribué, avançait-il, assis au Café Français de la place d’Italie, face à Edouard, son ami, le meilleur, aussi camé que lui d’un destin cramé : lui, le Palestinien ; Edouard, l’autre, l’Israélien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du temps de son vélo, il se souvenait, Sameh. Il avait manqué de crever, une contamination sanguine, quelque chose de grave, qui le tenait, alité, fragile si fragile, à peine 7 ans, dans la chambre du rez-de-chaussée de la demeure familiale. S’il n’avait tenu qu’à lui, il se serait bien arrêté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mort pour de bon. Oui, mort, entends-tu. Pour faire plaisir à ma mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais elle l’avait veillé, retrouvant, en ces jours uniques de grâce, les gestes automatiques de l’attachement. Elle l’avait sauvé. Avec, sans doute, juste ce qu’il faut d’une frénésie acharnée à le voir guérir, s’en voulant toujours de ne pas l’aimer. Mais ça, il n’en avait pas conscience. Même nu, dans son lit parisien, alors qu’il croyait encore qu’une vie s’ouvrait à lui, il ne voulait voir que l’amour irradiant de sa mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Elle m’a soigné. Elle m’a sauvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à elle, et à elle seulement, qu’il devait la vie. Il se souvenait. Maintenant, tandis qu’en un post-coïtum bienheureux, il laissait son corps reprendre son rythme. La main de sa mère qui, d’un geste lent, précieux, écrasait un linge blanc dans le broc d’eau, parfumé à la fleur d’oranger. Cette main, toujours, comme séparée du reste du corps maternel, qui lavait son front, annihilait le tremblement nerveux de ses mâchoires crispées sur la douleur. Cette main qui, enfin, affirmait dans le fasseyement de ses doigts glissant tendres, dans la chevelure trempée de l’enfant, une promesse tardive, fallacieuse, d’amour éternelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voilà que soudain, nu toujours dans le lit de son appartement parisien, il se tournait. Son corps lourd, liquide de la chaleur estivale, basculant vers celle qui écoutait son récit. Cette femme-là, sa maîtresse, effleurant, inconsciente, les muscles de son amant, ses jambes que des années et des années de vélo avaient harassées jusqu’à tendre la surface fragile de la chair. Anouck lui murmurait dans un songe :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mon père, qui pratiquait intense, m’a toujours dit que le vélo était un sport de suicidaire, d’hommes aimant les souffrances vives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne voyait pas où elle voulait en venir. Anouck n’osait le mot « maso », le retenait au creux du silence de la pièce. Elle ne lui disait pas non plus que, très jeune, on avait dépisté chez elle, ce don de l’effort poussé au plus loin de la souffrance musculaire, lorsque, enfin, la douleur rencontre la jouissance. Son père à elle ânonnant : « Tu aurais pu être…» Oui, elle aurait pu, l’avait refusé, comme d’un destin insufflé à son corps défendant. Mais voilà, qu’à son tour, Sameh basculait cherchant sur le dos de maîtresse, l’épaule nouée, le muscle convulsé pour que sa main, dans un retour inconscient aux terres de son enfance, promette ce qu’il ne pouvait donner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anouck voyait les liens. Ce tic-tac infernal des causes à effets, au fur et à mesure que les doigts de Sameh massaient les veinures recourbées de ses reins. Elle avait toujours su. Si instinctive qu’elle était, que son corps déroulait, pour elle, toujours ses craintes avant même qu’elle n’en saisisse la portée intelligible. Ses mains crevassées, labourées, saignantes en une stigmatisation permanente des vibrations de l’air. Elles étaient toutes ainsi les femmes de sa famille. Ayant appris de la souffrance, ayant suffisamment brûlé dans son incandescence vive depuis des générations, pour en reconnaître, rien qu’à l’odeur terreuse, la terreur adductive. Alors elle voyait cet homme rencontrer un soir d’hiver sur son vélo, pédalant fou, pour niquer son destin dans les rues de Paris. Elle le sentait, oui, diluer sa part palestinienne dans le soulèvement de sa peau comme s’il tentait d’en séparer le muscle de la chair pour mieux s’oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu aimes ?, lui demandait-il, anxieux de sa satisfaction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne prononçait pas, à ce stade de leur liaison, la terminologie amoureuse encore interdite :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu m’aimes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais l’intensité de la question jaillissait, avec derrière, l’espoir d’une quête accomplie. Avec, dans l’au-delà illisible, la recherche d’un havre enfin débusqué où, toujours et à jamais, il pourrait assouvir l’immense béance de son identité. Elle répondait apparemment mutine :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Raconte-moi une histoire de Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sachant que la seule chance qu’elle avait de le garder au creux de son ventre, demandait d’abord, et dans un préalable forcené, qu’il se pardonne à lui-même ce que les autres lui avaient imposé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se prenait au jeu :&lt;br /&gt;- On habitait le quartier de Bab al-Utta.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour elle aussi, les rues de la Porte des Lions, dans la vieille ville de Jérusalem, relevaient d’un paysage intime et presque sacré. Ses venelles enlacées la renvoyaient à ses errances, lorsque son micro de journaliste, à la main, elle cherchait des témoins qui lui disent leur dégoût de l’histoire, des « événements » dans le quartier musulman, tout autour de la mosquée Al-Aqsa. Là, où peu d’occidentaux s’égaraient, sentant, à l’instinct, que sous la voussure des ruelles sales, trop de misères étale pour que leur admiration béate puisse en aimanter encore la divagation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il disait :&lt;br /&gt;- Pendant la première Intifada, la ville s’était rétractée sur elle-même. Nous étions bouclés. Les magasins fermés pour respecter la grève générale que les gens de l’OLP nous imposaient. On risquait le lynchage ou la mort si nous n’obéissions pas. On crevait de faim cependant. C’est alors qu’on a vu émerger de partout des mosquées ridicules. Un haut-parleur, une salle de prière à ciel ouvert et c’était parti pour des heures d’Allah Akbar à n’en plus finir. Dans notre maison, ils l’avaient installée lors du dernier ramadan. Elle était restée sur le toit. Un soir, je ne sais plus, peut-être étais-je allé trop longtemps traîner à Ramallah, picolant, riant, mais au matin quand l’aube a émergé, je n’ai pas pu tenir. La voix de l’imam comme une nausée. Je suis monté sur le toit en catimini et j’ai coupé cette putain de sono. Un voisin, en fait, qui se la jouait cheikh depuis quelques mois. Oh, le barouf ! Ils sont tous descendus, cherchant l’absolu mécréant qui avait pu faire ça. Ma mère a très vite compris. Cela ne pouvait être que moi, qui, à 11 heures du matin, dormais encore. Ils ont mis une semaine à réparer. Une semaine bénie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anouck souriait. Reprenant elle-même le chemin des anecdotes pour mieux éloigner la peur, accrochée à son ventre, force écorchée, présente en douce, depuis qu’elle l’avait rencontré. Plutôt que de l’affronter cependant, elle tissait l’instant en un long conciliabule de néant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai une amie à Naplouse. Soulefah, 77 ans. Elle a effectué le hadj l’année passée. Mais quand je suis venue lui rendre visite à son retour du pèlerinage, elle m’a demandé : « As-tu toi aussi une mosquée près de chez toi à Paris ? » Je ne comprenais pas bien où elle voulait en venir. Mais, oui, lui ai-je répondu, je vis à cinq minutes de la Grande Mosquée de Paris. Je pensais que cela la rassurait de me savoir sous la protection d’Allah. Quelque chose comme ça. Mais non. Elle a insisté : « Et comment fais-tu ? » Comment je fais quoi ? « Yabayéh, mais avec les haut-parleurs ! C’est impossible ici, à Naplouse, on ne s’entend plus. » Soulefah, tu sais, parlait avec ce petit claquement sec de la langue, signe d’intenses désapprobations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anouck se marrait, essayant d’imiter ce bruit si caractéristique, ce tapotement de la langue sur le palais, des vieilles gens de Palestine lorsqu’ils retiennent leur pensée pour ne pas insulter la terre entière d’un « Koussourtum  » bienheureux mais ô combien inadmissible dans leur bouche de grands bourgeois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu connais ce petit bruit minuscule ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans leur mutuelle connivence, face aux gestes infimes des hommes et des femmes du Moyen-Orient, comme le partage de racines communes. Sensations fragiles d’un abîme qu’ils seraient seuls à apprécier. Elle reprenait l’histoire :&lt;br /&gt;- Soulefah a téléphoné à l’imam, pour se plaindre, et exiger de lui qu’à l’avenir, il ne hurle pas sa prière comme un gueux. Si encore, lui a-t-elle balancé, il avait la tessiture soprano de l’esclave Bilal, le premier muezzin de l’Islam. « Mais non, tu éructes ! » Il aurait fait fuir n’importe qui. Elle l’a fait capituler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sameh avait glissé de ses hanches trop larges au rebondi de ses fesses, massant toujours, dans un arrondi de lenteur, pour elle, sulfurant. Il happait la chair déliée comme pour tout contenir. Rage ou tendresse, elle ne savait pas. Mais elle sentait sa volonté de tout posséder d’elle-même. Depuis le grain de sueur qu’il aurait léché, avalé, absorbé jusqu’aux taches de rousseurs de ses seins dénombrées. Elle le retenait au bord extrême du précipice, elle-même, pas loin d’y sauter, suppliant presque :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu n’as pas les moyens de tes rêves. Ne m’y entraîne pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était comme si une urgence le poussait à tout démembrer d’elle pour s’en assouvir… Ou, plus tard, s’en souvenir. C’était comme si elle se fondait dans une existence revivifiée, dont elle connaissait, ses fulgurances pour suffisamment en craindre la blessure comme l’usure exténuantes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-224371176966656900?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/224371176966656900/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=224371176966656900' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/224371176966656900'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/224371176966656900'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/09/enfance-de-sameh-al-ashhab.html' title='Enfance de Sameh Al-Ashhab'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-6286270495121497938</id><published>2008-09-29T01:08:00.000-07:00</published><updated>2008-09-29T01:47:12.543-07:00</updated><title type='text'>Paris - Mosquée Ommeyyade</title><content type='html'>Le ciel était orange avec des traînées de nuages. Ou bien c’était cette lumière d’éclipse un peu bizarre qui colorait la scène. Il y avait aussi, dans la réverbération du soleil sur les vitres des cafés, le profil épuré du dôme d’une mosquée, jouant au gré des ombres pour se matérialiser. Anouck se souvenait d’avoir envisagé « Ana mejnounah », je deviens folle, lorsque, au reflet du gros commissariat du 11e parisien se réverbérant, était venu se superposer l’arrondi crème d’une coupole omeyyade. Mais, parfois aussi, l’espace de quelques secondes, alors que des passants français s’en retournaient chez eux, un objet à leur bras (quoi ? Une règle d’architecte, un tube de designer, une baguette de pain…), elle voyait les chebabs  refluer vers elle, la Kalachnikov ou la M-16 prêtes à tirer de longues rafales. Anouck s’ébrouait. « C’est rien, deux jours que je suis rentrée du pays. Ça va passer », comme s’il s’agissait d’une maladie professionnelle, d’une fièvre passagère qu’on ne prend guère la peine de soigner. Puis, elle traversait la rue, guindée, très sûre d’elle-même, hautaine et orgueilleuse alors qu’en réalité, hésitante, marchant bien vite pour s’aveugler, peureuse, d’un monde extérieur dont elle ne mesurait mal la réalité. Elle martelait pour y croire : « C’est comme le baby blues. Faut que je me détache de l’autre côté, que je revienne ici, en France. Là où est ma vie. » Ses pas qui semblaient s’aguerrir au fur et à mesure que le sol, sous elle, en fait, se dérobait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se souvenait très bien de cet instant, là, avançant vers le Bataclan. Elle revenait souvent à cette lumière « bizarre » qui les avait réunis la première fois, Sameh et elle. Non pas que quoi que ce soit d’intéressant ait émergé de leur conversation, mais, juste, voilà, l’instant s’était gravé. Elle aurait préféré que d’autres moments plus importants ne la ramènent à leur rencontre. Mais c’était cette insignifiance même qu’elle s’était décidée à mémoriser quand elle allait à la rencontre de ce Palestinien. Plus tard, elle s’interrogerait sur les replis mémoriels. Ce que l’on gardait, évacuait, « avalait, vomissait » se demandant inévitablement ce que lui conservait, sachant que, en toute logique, il avait bloqué sa remembrance. « Il est l’homme sans mémoire. Plus rien de moi ne demeure conscient. » Elle se souvenait aussi de ses derniers mots, lorsqu’au téléphone, il hésitait encore : « Je t’aime…» Il avait eu comme une hésitation, comme si déjà… « Je pars pour revenir. Il me faut régler mes problèmes. Je n’ai que toi dans ma vie pour espérer m’en sortir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, à Anouck, pour qui chaque décor incarnait, révélant la substance fantomatique des hommes et des femmes croisés, les rues de Paris, d’un 13e ensoleillé, devenaient chaque jour plus insurmontables. « Comme la permanence de la vie. », murmurait-elle pour elle-même. « Des cendres. Juste des cendres », répétait-elle. Longtemps après, alors que Sameh avait déjà disparu de Paris, des mois, des années plus tard, elle le verrait encore, lâchant le guidon, le corps chaloupant musical au rythme de ses jambes doucement pédalant sur son vélo. Elle le verrait à nouveau, quand revenant, forcée, vers des lieux hantés de leur ancienne accointance, il se tournait vers elle, abaissait la voix et dans un murmure fatigué glissait : « Enti dounia », tu es ma vie. Elle avalait alors une gorgée d’air, bloquant sa respiration, puis expirant lentement pour chasser la résilience. « Ce n’est rien. Cela va passer. Cela passe toujours.» Mais les fantômes persistaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était une après-midi sans rien d’exceptionnel : le soleil sur Paris et deux ou trois personnes se demandant ce qu’elles allaient pouvoir faire de leur journée, et qui sait, de leur vie. Sameh et Edouard avaient déjeuné ensemble. Ils jouaient maintenant aux échecs, sans rien se dire. De temps en temps un « Tu ne serais pas en train de me faire un coup de pute, par hasard ? » ou bien « Oh, ma belle enflure, tu penses que je ne te vois pas venir ?» Edouard (ou Sameh) se marrant, ajoutait : « Et celui-là, de coup, tu t’y attendais ? » Puis, de nouveau, le jeu s’arrêtait, la main de l’un ou de l’autre suspendue, en l’air, ils hésitaient. Quel pion déplacé ? Quel traquenard à la dame blanche, déjà presque enchâssée, pourrait-il mettre en oeuvre pour la faire tomber ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils avaient ainsi joué trois ou quatre parties, comme ça dans l’appartement en rez-de-chaussée d’Edouard, portes et fenêtres ouvertes sur la ruelle. Edouard levant la tête vers la lumière de la rue ou le moteur au ralenti d’une voiture se garant dans l’impasse comme le réveillant, disant :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est marrant, ici, des fois, j’ai l’impression d’être à Jérusalem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis ajoutant :&lt;br /&gt;- J’ai vu une nana hier au soir. Je ne sais même pas son nom. Elle n’a pas voulu me le dire. On s’est croisés sur Meetic. Une chaude. Une dingue. Au bout d’une heure de truc sexe au téléphone, elle m’a dit qu’elle avait envie de moi. Elle est venue ici. On a encore parlé. Il était deux heures du mat, et j’étais crevé. J’étais allongé dans mon plumard, en slip, mais elle continuait de parler. J’en pouvais plus. Je me demandais même comment m’en débarrasser. Je n’avais plus spécialement envie de baiser. C’est là qu’elle m’a dit qu’en fait, elle voulait me tailler une pipe. Rien que ça, tu vois, une pipe. Juste. Enfin, exactement, elle m’a dit qu’elle se voyait bien me tailler une pipe et peut-être que si ça lui plaisait alors on irait plus loin. On n’a pas été.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La main de Sameh tanguait dans l’air, finalement se décidait, touchait le cavalier, l’avançait. Sa main qui restait quelques secondes encore attachée à la pièce de bois puis la libérant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu sais qu’ainsi tu vas te le faire bouffer ?&lt;br /&gt;- Il faut savoir sacrifier, habibi. Hier soir, hein, c’était sympa ?&lt;br /&gt;- J’en sais rien. Se faire sucer, c’est toujours agréable. Et dans le genre, elle était plutôt experte. Le cœur à l’ouvrage, quoi. En même temps, c’est un rien étrange une gonzesse qui ne te touche pas mais se jette sur ta queue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Admettons qu’Anouck fige la scène dans ce juste avant de la rencontre. À cet instant inutile, comme dépourvu de signifiances. Elle aime à les regarder. « Mes hommes d’Orient », dit-elle avec amour, sachant de derrière ce qui se dissimule, c’est le silence insupportable de là-bas. Cette complicité obtuse qu’on ne déguste qu’entre hommes lorsqu’on joue aux échecs (ou au backgammon, ou aux cartes), qu’on fume le narghileh pour déguster l’intelligence de l’inaction. Edouard porte son éternelle surveste noire tâchée. Il est un peu sale : les ongles incrustés de crasse mais la barbe et la chevelure blanches toujours très soignées. Il est assis sur le lit. Son lit n’est pas fait. Par moments, il s’allonge quand sa réponse à l’attaque en train de se jouer sur l’échiquier mérite une plus grande réflexion. &lt;br /&gt;Naturellement, il allume une cigarette, les cendres tombent sur le lit. Il les époussette mais pas plus. Les cendres restent diffuses sur la couette. Sameh, lui, s’est assis sur une chaise. Il a revêtu sa chemise noire de soie, un pantalon de lin et des tongs de plage très fines. Il est toujours d’une excessive élégance. S’habiller relève, pour lui, d’un cérémonial ou d’un mantra qui tiendrait éloignées les forces obscures. Quelques fois, il n’y parvient pas. Il se déteste alors. Son reflet dans la glace lui signifiant son usure. Mais, aujourd’hui, en enfilant cette chemise à col mao noire, à l’encolure brodée, soie chatoyante, il se sent beau. Il se sent presque léger. Il a envie de gagner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’en sais rien. Une nana que tu ne connais pas qui vient te sucer au milieu de la nuit ? C’est sympa, non ? Pourquoi pas ? Je veux dire, excitant même. Je me demande ce qu’elle avait dans la tête, cette conne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’aveu, la confidence à peine ébauchée, s’arrête là. Il leur suffit d’être ensemble, qu’ont-ils vraiment à ajouter de leur vie compliquée ? Anouck se demande si vraiment, c’est ainsi que les hommes vivent. Elle se le demande d’autant que chantonne dans sa tête le poème d’Aragon. Une pièce, un pion, qui bât l’air, presque perdu, puis se replace sur l’échiquier. Un homme, qui apprend à être, bande, se débat dans le vent puis retombe glacé, la queue comateuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anouck rembobine la scène. Elle veut les regarder à nouveau. Elle aime à les voir ainsi, calmes et sereins, si fraternels, dans leur animale connivence alors que dehors, dans la ruelle ensoleillée, le silence seulement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais elle sent aussi que quelque chose lui échappe. On dirait qu’ils s’accrochent l’un à l’autre depuis déjà pas mal de temps, comme si c’était leur unique moyen d’avancer, d’encore respirer. « Ensemble, ils sont purs. » Voilà l’idée qui lui traverse la tête. Elle se rend compte que c’est cela même. « Ensemble, ils sont vrais. » Et dans la confusion de sa vision, elle les voit nus, ployer l’un vers l’autre, l’un contre l’autre. Elle les voit, oui, frère d’armes ou de malheurs, s’arc-bouter à leur seule connivence pour survivre. « Ensemble, ils se noient. Et cela les conforte. » Cette fois, Edouard ne décrit pas la femme à la pipe nocturne. Il dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- J’ai vu Cerise hier au soir.&lt;br /&gt;Sameh, lui, a la même réponse.&lt;br /&gt;- Hier au soir, hein ? C’était sympa?&lt;br /&gt;Dans le studio, malgré les fenêtres ouvertes, la pénombre grandit. Ça sent le renfermé. Peut-être la poussière qui filtre dans la lumière qui décroît. Sameh est toujours assis sur sa chaise, la chaise un peu bancale, mais les jambes croisées, le corps qui se penche sur le jeu d’échiquier.&lt;br /&gt;Cette fois, il ajoute :&lt;br /&gt;- Elle te manque ?&lt;br /&gt;- Oui, sans cesse. Sans arrêt. Je suppose que c’est comme ça. Qu’il y a pas grand-chose à faire. On s’est vus. On a fait l’amour. C’était sublime. Tu sais, cette osmose des corps, de l’esprit même, quand tu sens que tu ne formes plus qu’un. Comment tu veux renoncer à cela ? Je pense à elle tout le temps. Mais, ensuite, elle se rétracte. Elle ne veut pas, elle me trouve quoi, j’en sais rien. Trop bohème, pas assez sécurisant… Alors, à chaque fois, elle me quitte. Elle s’en va. Les femmes ensuite, les autres, tout ce que tu peux te raconter... Même si tu lui colles une belle étiquette à ta nouvelle conquête, du 100 % bio, pure cochonnaille, elle sera jamais à la hauteur. Et puis t’es quand même épuisé. Y croire, encore, hum…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils se comprennent ainsi d’un hochement de tête, d’une phrase déliée sans autre signification que pour eux-mêmes. Les mots n’ont aucune importance. Edouard pourrait même dire une connerie du genre : « J’ai envie de frites. » Cela reviendrait au même. « C’est la malédiction d’Orient », pense Anouck soudain admirant leur désoeuvrement. « Sûr, qu’ici, c’est cela, le poncif à l’état brut. Ils y croient tous deux. C’est cela qui les rapproche. » Ils sont tous deux perdants, des rêves d’émancipation plein leur besace folle que la terre se chargent de réduire à sa plus simple expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, reprend-elle, en même temps qu’elle appuie sur le mode lecture, leur redonnant vie et expression, pourtant la malédiction du Levant n’est pas que subie. Elle est aussi un défi : celui qui la combat prouve sa valeur. Comme Hannibal, pense-t-elle, appelant à elle le génie de son enfance tunisienne : Celui qui lutte se libère du destin des origines, de la Terre étouffante et s’octroie ainsi la grâce d’un possible renouveau. Qu’importe ensuite que d’autres le battent. Sa part, son émancipation, lui est acquise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se demande si elle pense là en Occidentale ou en Orientale. Elle ne sait plus si elle retrouve ainsi le chemin vagabond de sa Tunisie, de ce court sentier qui menait de sa maison à la plage. Mais l’image d’Hannibal s’impose, de ce guerrier irascible, menteur et filou, dont on lui lisait les aventures quand petite fille, elle s’endormait dans la cour, dans la cour centrale de sa maison, à l’ombre du cyprès, près du puit asséché. « Des lâches, des couilles molles, des perdants. » dit-elle les regardant pleine de rancoeurs. Peut-être sa part orientale lui fait-elle admettre enfin : « Ils obscurcissent la vie d’un poids qu’elle ne leur imposait pas. » Elle censure son mépris. Les laisse à leur partie d’échec. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après ça, Edouard joue sa dame. Il perd. Il le sait. Mais ça n’a aucune importance. Le téléphone sonne, celui de Sameh. De plus en plus, il le ferme ou bien alors sur le mode silencieux, parfois vibreur, pour ne pas voir s’afficher tous les jours avec une régularité suffocante le « Nibal parents » ou le « Maison Al-Qods.  »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu ne m’as pas appelé hier au soir ? Tu es sorti ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nibal lui parle en Français, pour tenter de l’amadouer, d’être au moins dans une complicité de langue à défaut de la proximité des corps. Mais il la renvoie à son horizon, sans un seul mot de tendresse. En Arabe.&lt;br /&gt;Le soir, lorsqu’elle le lui reprochera, il aura ce silence, cette hésitation, avant de lui dire que, face à des étrangers, il n’aime pas se donner en spectacle. Il ment, elle le sait. Elle n’ajoute rien. Ne l’affronte pas. Elle choisit un chemin détourné pour le ramener à elle, cette phrase qui emprisonne Sameh dans sa culpabilité : « Moi, depuis que nous nous sommes mariés, tu es mon seul horizon. Le seul que je regarde. Pourquoi ne suis-je pas cela pour toi ? » Elle lui parle en Français, mais c’est en Palestinienne qu’elle pense. Que croit-il enfin ? Qu’on aime celui qu’on épouse d’une passion sans faille ? La croit-il ainsi assujettie à des amours folles ? Non, elle le rappelle à son devoir, à ce dévouement familial dont elle ne comprend pas qu’il puisse le lui refuser.&lt;br /&gt;Pour l’heure, dans l’appartement d’Edouard, Sameh se défile.&lt;br /&gt;- Ecoute, là, je suis avec un ami.&lt;br /&gt;Edouard fait des grands signes de mains, des « you-yous » lointains comme pour dire qu’il la salue bien bas. Lui envoie sa tendresse. Ses caresses amicales.&lt;br /&gt;- Avec Edouard. Il t’embrasse d’ailleurs.&lt;br /&gt;Nibal n’a pas un mot pour lui. Juste un « Ah oui, très bien. » Elle ne l’aime pas, cet Israélien, ami de son mari. Ce n’est pas qu’il soit juif, enfin, peut-être aussi un peu, mais elle a comme une réticence à les supposer si fraternels. Si proches l’un de l’autre. Edouard, comme un double funèbre, qui entraînerait son mari vers ses pires penchants. Oui, c’est cela, elle en a peur, persuadée que, dans leurs chuchotements d’hommes, Sameh puise la force de s’éloigner d’elle. Elle en sait la tentation. Elle ne comprendra que, des mois plus tard, à la naissance de son premier enfant, qu’elle ne doit le retour de ce mari qu’à son ami juif : Se nourrissant tous deux, tous deux s’alimentant à la même source de terreur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- On joue aux échecs. Je te rappelle dans la soirée ? Je serai à la maison. On discutera plus longuement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sameh raccroche.&lt;br /&gt;- T’en es où avec elle ?&lt;br /&gt;- Y’a rien à dire. Je vais devoir repartir. Vivre là-bas. Quelque mois encore et je n’aurais pas d’autres choix. J’en crève.  Je suis en train de crever, là, sur pieds.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis le téléphone d’Edouard qui sonne à son tour. C’est Manu.&lt;br /&gt;- Tu fais quoi ?&lt;br /&gt;Le « quoi ?» bien appuyé, bien traînant, pour mieux s’inviter.&lt;br /&gt;- On pensait se prendre un verre en terrasse avec Sam. Tu nous rejoins ?&lt;br /&gt;À peine a-t-il raccroché que c'est Anouck qui appelle. Elle revient de là-bas. Il y a deux jours encore à Jérusalem. « Un reportage à la con », dit-elle. Elle est un peu paumée, un peu triste aussi comme chaque fois qu’elle rentre à Paris. « L’impression d’une déchirure, d’un arrachement. » Elle se disait que voir Edouard pourrait l’aider. Le voir, lui, l’Israélien volubile, désormais à Paris comme avant lorsqu’ils se prenaient une limonade de citron frais et de menthe pulvérisée au Bedouin Café sur la route de Jéricho.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Oh ma belle, tu nous rejoins ? On va se prendre un apéro au Bataclan.&lt;br /&gt;- Tu sais ? J'ai beaucoup pensé toi quand j'ai repris un verre, seule, enfin pas seule, mais personne que tu connaisses, au Bedouin café.  Tu te souviens ? Je les croyais réellement bédouins, les proprios, leur parlant en Palestinien, pour leur montrer combien je les respectais... Il avait beau me dire « Kein »  que ça percutait pas. Abasourdie, quand j'ai finalement compris que c'étaient des juifs tunisiens dont la tchoutchouka était tout simplement géniale parce qu'ils étaient tout simplement tunisiens ...&lt;br /&gt;- Bienvenue dans nos territoires complexes, ma douce. Allez, viens prendre un verre avec nous, j'ai justement un vrai Palestinien à te présenter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, c’est aussi facile que cela la rencontre. Ils sont quatre, à la terrasse du bar du Bataclan : Ils ont pris des verres de vin rouge sauf Sameh qui, depuis la mort de son père, maintient un deuil strict et ne boit pas d’alcool.&lt;br /&gt;Le serveur a apporté des cacahuètes qu’ils picorent. On pourrait croire que leur rencontre va être fulgurante, tant après cela fait mal l’absence, le manque, l’amour. Mais non. Elle est insignifiante. Elle n’aboutit pas. Ils se regardent dans la lumière hésitante. Ils se parlent. Edouard demandant des nouvelles du pays. Anouck explique qu’elle n’est presque pas allée en Israël. « Ça fait trop mal. Quelques kilomètres et tu laisses derrière toi ta vie de soldats, de check-points et de gangs mafieux palestiniens pour rejoindre la civilisation ? Je n’ai plus cette légèreté. » Edouard qui répond, tout en lui piquant son verre, juste « histoire de goûter, voir si ton brouilly est meilleur que mon côte du Rhône » que, au-delà de Cerise, sa belle Française qu’il a suivie à Paris, c’est pour cela qu’il a voulu partir de Jérusalem. « Faire le point, me demander ce que moi, en tant qu’individu, j’avais à partager avec la société israélienne. Apparemment rien.  Je ne veux pas être, d’une manière ou d’une autre, porteur d’un pays qui dénie à l’autre, l’Arabe, ses droits, son humanité. » &lt;br /&gt;Manu, lui, s’énerve. Il dit qu’il ne supporte plus ces discours rances. « Demandez aux Palestiniens, hein, demandez leurs s’ils veulent vraiment vivre dans un Etat Palestinien ? Vous savez ce qu’ils vous répondront, le savez-vous, membres désabusés de la communauté ? Moi, je vais vous dire ce qu’un ami palestinien, Sari, de la vieille ville de Jérusalem m’a dit : « On ne veut pas d’eux. » Eux, c’est la clique d’Arafat. Des Abou Mazen, des Mohammed Dahlan, toute cette mafia. « On ne veut pas d’eux », voilà ce qu’il m’a dit. Allez-y, jouez donc les dégouttés, la bouche en cul de poule, sur les faillites d’Israël. Sortez-le moi votre joli couplet rance sur l’apartheid israélienne. N’empêche que même les Palestiniens des Territoires, ils voudraient y appartenir ! »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait s’attendre à ce que Sameh intervienne, pose sur la table une petite vérité bien sentie sur l’occupation. Mais non. Il ne dit rien. Il n’a pas envie de se gâcher une journée de soleil en pensant à Jérusalem. Alors c’est Anouck qui s’y colle. Elle parle avec assurance. En même que dans sa voix Sameh sent une certaine lassitude. Elle dit que c’est un peu plus compliqué que cela, la vie là-bas. Elle dit l’adulation d’un modèle en même temps que son exécration. Elle dit « Faut revenir à des choses simples parfois, Manu : Israël, dans les Territoires, c'est une occupation. » Elle dit aussi : « J'aurais bien aimé que ça marche ce modèle comme un laissez-passer entre des cultures. Oui, j'aurais bien aimé que, pour une fois, dans ce siècle, de mélanges, de liens, d’égalités. Les Palestiniens ont plus à perdre que les Israéliens dans le rétrécissement de leur vision. Mais, quoi qu'il arrive, cela reste une occupation. Et ça, aujourd'hui... »&lt;br /&gt;Sameh la regarde, curieux, désormais de cette femme péremptoire qui n’a pas besoin de quêter son approbation pour s’ériger en porte-parole de la cause palestinienne. Elle l’amuse quand elle dit : « Les hommes de la Sultah », laissant la finale se prolonger en un vague soupir de dégoût.  Elle ne dit pas l’OLP ou l’Autorité Palestinienne. Elle crache le mot en Arabe, comme habituée. « La Sultah, pour une très grande majorité de Palestiniens n’est rien d’autres qu’un ramassis des collabos qui, sous couvert de lutte nationale, traficotent à tout va pour leurs petits bénéfices personnels. Cela aussi, c’est une occupation.  Cela aussi, au moins en partie, est à mettre au compte de l’occupation israélienne. Est-ce que désespérer d’un nationalisme arabe, palestinien fait de toi un pro israélien, Manu ? Je ne crois pas. » Sameh pense : « Quand même, elle est gonflée. » En même temps que ça lui plaît bien à cet instant, cette façon qu’elle a de se poser à l’intérieur de son monde. Surtout de se passer de son assentiment, à lui, le Palestinien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a le sentiment qu’elle est inaccessible comme si rien ni personne ne pouvaient l’atteindre. « Si elle voulait de moi, ne chercherait-elle pas à m’amadouer de connivences ? » Il pianote sur son Blackberry. Anouck se demande quoi, c’est la première fois qu’elle voit un appareil comme celui-ci. Pour le lui montrer, il enlève ses lunettes de soleil. Elle mate en douce ce regard vert-noisette, avec une ride légère en dessous. Dans ses lunettes, elle voyait le reflet des boutiques, du capot des voitures parisiennes. Maintenant, elle voit juste ce vert-cendre délavé et son sourire douloureux. Anouck panique. Elle a l’impression que Sameh entend tout ce qu’elle a dans son crâne. C’est à ça qu’elle comprend. « Merde, merde, tiens, voilà qu’il me plaît. » Elle commande un second verre. Elle se raidit, se calfeutre. Elle ne veut pas que cela se voie, cette évidence, le désir, qui lui cisaillent déjà le ventre. En même temps, elle a l’impression que, tout autour, l’air bourdonne de sa révélation. « Tu me plais. J’aimerais… Quoi ?… ? Mes jambes à demi-croisées, en biais vers ta main qui vagabonde de la table à ton téléphone. » Elle n’aime pas qu’on surprenne chez elle ces simagrées dont elle juge, pour les sentir chez les autres femmes, l’apprêt terne et pathétique. Tout cela, elle le dissimule, paniquée à l’idée que son corps ne la trahisse. « Quand on aime, on se sent seul. » Voilà que cela lui revient, cette vérité paternelle. Pourquoi de telles sentences ? Elle n’en sait rien. Mais c’est une vilaine pensée qui l’alourdit. Celle de l’abandon, celle de l’après. Le post-coïtum, animal triste, qui autant qu’aux hommes, la marque d’une opacité irréductible. Elle ne veut plus que l’effleure le désir. « Forcément stérile. » Elle se raccroche à cela, à ses souvenirs passés, ses amours fanées qui lui disent l’éphémère de l’attachement. Elle ne veut plus rien ressentir. Mais dehors, la nuit qui descend est presque tiède. Cela l’amollit. Cela la rend poreuse et comme suspendue dans la vague irréductible et chaude de l’air ambiant. Elle entend Sameh parler de son appartement :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ce que j’aime chez moi, c’est l’étendue verdoyante depuis mes fenêtres. Quand je mate par la fenêtre les arbres de la rue, j’ai l’impression d’être au cœur des cimes d’une immense forêt. Protégé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anouck s’éprouve, légère en même temps que virevoltante comme le vent au creux des feuilles. L’alcool sans doute. Sameh se lève. Il dit qu’il ne peut plus rester, qu’il a des coups de fils à passer à Jérusalem. Il dit tandis qu’il enjambe déjà son vélo : « Je file. » Les autres restent. Ils iront au restau.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-6286270495121497938?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/6286270495121497938/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=6286270495121497938' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/6286270495121497938'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/6286270495121497938'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/09/paris-mosques-ommeyyade.html' title='Paris - Mosquée Ommeyyade'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-4739180642420881263</id><published>2008-09-24T13:51:00.000-07:00</published><updated>2008-09-24T13:52:54.890-07:00</updated><title type='text'>La naissance de Sameh Al Ashhab</title><content type='html'>Il n’était pas né d’un accident. En fait, il n’était pas même né. Plutôt éjecté. Lui, plus tard, adulte, il aurait bien aimé l’accident, qui aurait ouvert sa vie à une ascension vertigineuse. « Même l’enfant d’un viol, tiens », disait-il. Oui, même ça, être le cyclope monstrueux, dont le front s’ornerait de l’irrémissible violence. « Cela aurait été mieux.» Mieux que cette existence de chien, mieux que ce mektoub de merde, lignes et fractures prédéfinies alors que sa mère, Mouzna, l’expulsait en le maudissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’âge qu’elle avait, sa mère n’aurait jamais dû enfanter. Peut-être même, on ne savait pas, pour elle, était-ce une anomalie à laquelle, alors que son ventre gonflait et se tirait vers la mise au monde, elle ne pouvait croire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- « Chou ayda ? » , répétait-elle dégouttée comme si soudain elle devenait une Myriam Al-Adra’ , plus que vieillissante mais toujours virginale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non pas qu’elle ait peur que son corps ne s’affaisse ni ne se disloque. Après dix-sept grossesses dont treize abouties, Mouzna n’avait plus ce genre de problèmes existentiels. Juste qu’elle n’y croyait pas. « Mish monken, la, la » , répétait-elle, dodelinant de la tête, atterrée, courant dans les rues du vieux Jérusalem, en souhaitant que le Dieu clément et miséricordieux l’avorte dans le cahotement de ses pas hystériques tout autour du souk d’Az-Zeet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà : elle avait 49 ans, treize enfants vivants dont neufs mâles, un mari qu’elle haïssait du plus profond de ses hormones bouleversées. Et il fallait encore que ce connard lui percute un nouveau chiard dans le bas-ventre. Sa part du contrat, ne l’avait-elle pas assez remplie pour qu’Allah lui foute la paix ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il était né, braillard et suintant le placenta. Petit monstre, déjà, qui lui rappelait les crampes extatiques de son mari. N’aurait-il pu, au moins, s’en torcher une autre ? Parfois, ses mains de commerçant de la vieille ville, à lui, son mari, la dégouttaient tellement qu’elle priait pour qu’il s’en chope une nouvelle de fatma. Pas un vrai mariage. « Haram, HARAM.  » Mais au moins un accord transitoire, par mitaa, comme les Chiites, ces dingues, pratiquaient encore, juste le temps d’une passe. Qu’il se soulage et qu’il lui foute la paix pour quelques bonnes semaines, quelques mois. Elle levait la main devant ses yeux et, à l’instar de l’enfant fautif, se disait qu’elle n’avait plus d’autres moyens que de se laver la bouche « trois fois », au savon pour de telles pensées meurtrières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son mari, Hassan, l’avait toujours dégouttée. Sa famille l’avait forcée alors qu’elle s’était déjà donnée : un premier mariage d’amour, agrée par la volonté familiale, qui avait volé en éclat au bout de quelques années. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mouzna avait déjà ouvert ses jambes à l’Homme, l’unique. Celui dont le seul souvenir lui traversait toujours la peau comme une aiguille affolante qui vous lamine les nerfs, passages convulsifs, sens lacérés. Mais l’homme, son amour absolu, crevait doucement. Il avait certes mis des années à agoniser. Une dizaine d’années avant de mourir. Ses parents à elle, cependant avaient vite pigé. S’ils ne réagissaient pas, leur fille ? Khallasse . Veuve à 25 ans, sans enfants, sans rien qui fait la vie et le bonheur d’une grande maison. Alors, vite, ils l’avaient récupérée, avant qu’elle ne vaille plus rien sur le marché. À 21 ans, ils l’avaient dépouillée de celui qui la transfigurait pour la donner yalla-yalla  à ce bouseux de Jérusalem. Qu’avait-il fait, lui, son meskine  de nouveau mari pour la mériter ? Sauf à la monter, l’engrosser, puis recommencer dans un cycle infernal qui résumait sa vie. Il n’était pas même capable de nourrir sa famille, bankrupt obligé, quand l’OLP ordonnait à tous les commerçants de Jérusalem Est de se la jouer « Ville-morte » pour soutenir la juste cause : « La Libération de la Palestine de l’oppression israélienne ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle marmonnait ses mots avec des guillemets dans la voix. Elle les détestait, ces hommes, leur pouvoir et la force qu’ils lui imposaient. Une sorte de distanciation bienheureuse qui lui faisait reconnaître comme seule patrie la ville de sa naissance, Khalil . Puis elle reprenait : « Qu’aurait-elle pu espérer en secondes noces ? » Ses amies, ses voisines, cela faisait longtemps qu’au moins, elle n’avait plus à se préoccuper des élans de leurs vieux compagnons. Vagin asséché, leur rôle accompli, Oum  suprême d’une tripoté d’awlads  qui vénéraient son don, le sacrifice de la femme à la procréation sublime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le lit de la chambre, ce nouveau fils qui lui venait, elle l’avait balancé à terre. Les douleurs à peine terminées, le sang toujours l’inondant, elle l’avait repoussé du pied. Peut-être qu’il allait crever finalement si on faisait semblant de ne pas le voir. Si juste, sur le sol de la vieille maison d’Harat al-Mograbi, il disparaissait. Un golem s’enfonçant dans le néant de la terre labourée dont il n’aurait jamais dû sortir. Dans sa désolation, Mouzna, au moins, avait-elle espéré une fille. « Ya benti » appelait-elle, tournée vers le ciel, une qui serait capable de se taire, et qui rapidement prendrait conscience de son rôle dans la vie, l’aiderait, elle, Mouzna, tellement fatiguée. Déjà, qu’elle ne voyait pas comment elle allait pouvoir s’en occuper de ce nouveau-né. Mais il avait braillé. Et le père était entré dans la chambre, heureux du don qu’Allah lui apportait au seuil de sa grande vieillesse. Il l’avait nommé Sameh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle avait bien essayé de le reprendre, de le porter sur sa peau, qu’il sente sa mère-animale. Elle s’en voulait tellement de sa réaction. Ô vraiment se vivait-elle dans le péché ! Mais c’était trop pour elle. Il incarnait. Quand elle le voyait, enturbanné dans la couverture-moumoute avec les lionceaux dessus imprimés, la haine refluait. Plus tard, Sameh aurait ces mots comme si cela expliquait tout de sa vie. Voilà, cette femme, sa mère biologique, pour qui il aurait tout donné, cette femme, si primordiale et si essentielle qu’elle lui nouait son destin, le larguant aux bons soins du sol et de la crasse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ya habib’ elbi, chou kaman après ça ? Walla shi. Plus rien à faire. Abadan, abadan.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, à jamais, il était marqué. Le fer sur sa peau en tatouages convulsifs, comme les Nazas, les brebis aux longs poils soigneux, qu’il voyait, enfant, patientant terrorisées aux abords des boucheries avant que le couteau ne leur tranche la gorge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mouzna voulait s’en débarrasser de ce môme. Qu’il vive ! Puisque ainsi Allah en avait décidé. Mais qu’elle lui échappe, par pitié. Au début, son mari ne voulait pas s’en séparer. Le regard de Sameh, à mesure que les mois passaient, se teintait des mêmes éclats de miel que les yeux de son père. Sans doute était-ce d’ailleurs celui qui lui ressemblait le plus. Le plus beau de ses rejetons. Ses yeux d’un vert laminé de la couleur des pluies hivernales, sa peau si blanche de poupon encore mal arrimé à la vie, le faisaient craquer. Il aimait ce gosse. Il l’aimait d’un amour absolu. Tentant, malhabile, de réparer sa naissance désastreuse, sans parvenir à s’en faire aimer. Car Sameh, même chouinant, instinctif ses premiers mois, n’avait qu’une volonté : toucher, approcher, se disloquer dans le suc maternel, à lui, à jamais interdit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son père avait fini par céder. Il cédait toujours devant Mouzna comme si quelque chose de secret, de terrible, à eux seuls connus, lui interdisait de l’affronter. Peut-être savait-il combien la volonté forcée de sa femme, le jour de leurs épousailles, le rendait à jamais coupable. Très bien, puisqu’elle n’en voulait pas de ce dernier né qui leur était échu, Sameh irait vivre chez l’une de leurs filles dont le mari se montrait incapable de l’engrosser. Ainsi, juste destin, par cette décision, pourrait-il compenser le fatum initial et, qui sait, réparer l’affront de ses circonvolutions érectiles sur le ventre éreinté de sa femme.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-4739180642420881263?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/4739180642420881263/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=4739180642420881263' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4739180642420881263'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4739180642420881263'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/09/la-naissance-de-sameh-al-ashhab.html' title='La naissance de Sameh Al Ashhab'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-4498943666139192904</id><published>2008-09-11T23:25:00.000-07:00</published><updated>2008-09-12T00:00:02.400-07:00</updated><title type='text'>VILLA CHERGUI</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_Ll9ATwRx3Rw/SMoSaOh5YGI/AAAAAAAAAAQ/o4M9CNwI2S4/s1600-h/SIDI+BOU.JPG"&gt;&lt;img style="float:right; margin:0 0 10px 10px;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://2.bp.blogspot.com/_Ll9ATwRx3Rw/SMoSaOh5YGI/AAAAAAAAAAQ/o4M9CNwI2S4/s400/SIDI+BOU.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5245024957812531298" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;link rel="File-List" href="file:///C:%5CDOCUME%7E1%5CUser%5CLOCALS%7E1%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_filelist.xml"&gt;&lt;!--[if gte mso 9]&gt;&lt;xml&gt;  &lt;w:worddocument&gt;   &lt;w:view&gt;Normal&lt;/w:View&gt;   &lt;w:zoom&gt;0&lt;/w:Zoom&gt;   &lt;w:hyphenationzone&gt;21&lt;/w:HyphenationZone&gt;   &lt;w:punctuationkerning/&gt;   &lt;w:validateagainstschemas/&gt;   &lt;w:saveifxmlinvalid&gt;false&lt;/w:SaveIfXMLInvalid&gt;   &lt;w:ignoremixedcontent&gt;false&lt;/w:IgnoreMixedContent&gt;   &lt;w:alwaysshowplaceholdertext&gt;false&lt;/w:AlwaysShowPlaceholderText&gt;   &lt;w:compatibility&gt;    &lt;w:breakwrappedtables/&gt;    &lt;w:snaptogridincell/&gt;    &lt;w:wraptextwithpunct/&gt;    &lt;w:useasianbreakrules/&gt; 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Plus exactement trois images numérisées, récentes. Un voyage d’il y a à peine 15 jours.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Lui, Olivier, en Tunisie, les vacances, son ami R… Harki de France, en tandem pour une promenade nuptiale. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;La première image : une simple plaque. « Villa le Chergui », du nom d’un vent de désert, qui porte avec lui le sable. Ici, au Moyen-Orient, on le nomme Khassim. C’est exactement le même toutefois : un souffle lourd, chaud, de sable et de grains fondus qui vous mange la peau, qui vous asphyxie et finalement vous désagrège dans ses brumes tendues des journées d’été.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;La seconde image, c’est la vue depuis la ruelle pentue de Sidi Bou Saïd (Tunisie) de ladite Villa « Le chergui. » Elle est prise depuis la rue qui fait coude, l’entrée principale, si ronde des maisons arabes, avec au-dessus une fenêtre (ce qui n’était dans l’ancien temps que le grenier, mais peut-être aujourd’hui ?), le bougainvillier rouge flamboyant (forcément) qui les noie sous ses fleurs puis le muret d’un blanc parfait (nécessairement) qui suit l’encoignure et prolonge la ruelle.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Enfin, élément primordial, le cyprès, dont la majesté exubérante bouleverse l’image d’un poids lugubre. Pointé haut, cône lourd ramassant le ciel, comme trop hautain pour être restitué sur l’image. Le soleil de toutes les façons brûlant les couleurs, le vert, sa saveur initiale, tuant les nuances. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;C’est une image mythique. Ne serait-ce que dans sa perpétuation. Rien n’a changé. Rien n’a bougé. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;J’ai dit : « Mon dieu, que désormais, il est majestueux le cyprès de la cour, qui grimpe depuis le puit asséché du liwan. » Avec, en même temps, un trou au ventre, un appel d’air à voir ainsi la preuve soudain que ce lieu existe bien. J’ai dit « Mon dieu… Qui grimpe depuis le puit asséché…» pour moi-même. Ajoutant ce détail, ce « Qui … » en fin connaisseur. Ajoutant ce détail pour moi-même, le trou au ventre toujours.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;La troisième image enfin, prise de l’arrière, lorsque la ruelle s’allonge dans une droiture de mauvaise aloi, comme devançant la forme de la ruelle, s’englobant au village, avec juste un portique de plage, mais celui-ci d’un bleu outrageux, qu’on voit parfois aux villas rococo de Normandie… Ou de Grèce, l’analogie plus commune. Je sais derrière le chemin qui mène à la plage. L’étroite bande de terre ocre, le lacis piégé de cailloux grège qu’il faut traverser pour basculer dans la mer. Est-ce encore ainsi ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Voilà, c’est Sidi Bou le lieu où je suis née (enfin pas exactement, le lieu où j’ai vécu. Je suis née à Carthage.)&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Voilà, c’est Beyrouth depuis laquelle je regarde trois images de ma naissance. Mais trois images, shootées il y a quinze jours. Et je ne puis que me demander depuis combien de temps je vis. 15 jours ou quarante ans ? Combien de temps le cyprès de la cour au puit asséché me survivra. La photo ne le dit pas. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Il n’y a pas un seul être vivant sur ces images. Pas même un âne, comme on pourrait s’y attendre pour une telle « carte postale. » Je la sais pourtant occupée, la villa Le Chergui. Depuis notre départ, ce qu’en me moquant de moi-même j’appelle notre exil français (n’étions-nous pas Français alors même que nous vivions en Tunisie ?), je m’enquiers de ses nouvelles. Lorsque l’un des miens rentre, lorsqu’un ami y part. « Et Sidi Bou ? Et la villa Chergui ? » Mais moi, je n'y retourne pas.  Aux autres, je dis que je connais trop. A moi-même ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="margin-left: 53.4pt; text-indent: -0.25in; line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;span style=""&gt;-&lt;span style="font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;font-size:7;" &gt;         &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span dir="ltr"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;D’habitude, je dis que je connais. Bien mieux qu’un espace à contempler ou à redécouvrir, la Tunisie représente ma géographie intime. C’est ma blessure en même temps que mon talisman. Mais ce n’est pas vrai. Ou alors pas assez vrai. J’ai simplement peur. Une peur terrible, sans fondement précis, de n’en rien retrouver. De me confronter à un fantasme qui m’a pourtant constituée. Si rien n’existe, qui suis-je alors ? Ma sœur, ma mère y sont retournées. Elles ont pu dire que cela avait changé. Elles ont pu retrouver les quartiers, la maison elle-même. Ma mère sonnant à la porte de la villa Chergui où nous vivions, s’invitant à entrer, face au propriétaire, un Tunisien, un peu perdu à qui elle disait : « C’est là que j’ai aimé. C’est là que ma fille est née.  Mes souvenirs imprègnent les murs. C’est leur identité. » Ni mon père, ni moi-même cependant n’y avons jamais plus remis les pieds. Nous en sommes les dépositaires, de ce temps passé. Si, par notre retour, nous brisions le mythe, alors, je crois que rien ne survivrait. Ce serait notre mort? La porte, l’exil refermés, les rouvrir à nouveau ? Trop de dangers. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;De mémoire, je puis citer un texte de Sherod Santos qui définit ce fragment de moi-même, cette identité de néant, poussières remuées, silences usés sur des images ou plus rien ne m’appartient. Un théâtre vide. « &lt;i style=""&gt;Car qui n’a pas été frappé, en s’efforçant de se rappeler un fragment de passé, par la soudaine impression de remuer des cendres ; puis par la lente prise de conscience que ce que nous sommes est composé et ce, uniquement peut-être, de ce que nous ne pourrons jamais retirer de ces débris. »&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoBodyText"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Sidi Bou&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;(non pas Sidi Bou Saïd, mais bien Sidi Bou, dont le raccourci même dit l’appartenance, le lien), la Tunisie, alors comme le « locus genii » des anciens. Le lien vibrant, vivant. LE LIEU.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="margin-left: 53.4pt; text-indent: -0.25in; line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;!--[if !supportLists]--&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;span style=""&gt;-&lt;span style="font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;font-size:7;" &gt;         &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;span dir="ltr"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Je me souviens d’une nuit en Tunisie. La maison était calme et nous dormions tous. Puis quelque chose m’a gênée, m’a appelée sans que je comprenne de quoi il retournait. Un bruit ? Un mouvement dans la nuit ? J’avais quoi ? Peut-être cinq ou six ans. Je me revois debout marchant vers la chambre de mes parents. Le couloir rempli d’une étrange fumée. Lourde, tenace. Je croyais rêver. Il y avait aussi une odeur d’herbes intense. Quelque chose de très fort. Comme la fumée d’un feu de savane. Je marchais dans ce brouillard quand soudain dans le salon principal j’ai vu des hommes totalement nus, noirs, brillants du maléfice des djinns. J’ai hurlé. Ils se sont tournés vers moi. Ils m’ont regardé. Et très très lentement ont sauté par la fenêtre ouverte. Rien. Ils n’ont pas prononcé un seul mot. Seule, j’ai hurlé, hurlé comme un chien hurle à la mort, je crois. J’ai le souvenir d’une douleur dans la gorge, un abrasement. Ma mère est apparue, affolée. Elle était comateuse comme si malgré tout, mes cris, mes larmes, mes hurlements, elle ne parvenait pas à se réveiller. En fait, ce n’étaient pas des djinns. Mais des voleurs, dont, on l’apprendrait plus tard, le corps enduit d’huile devait leur permettre d’échapper à toute prise… Au cas où les herbes qu’ils avaient fait brûler dans le jardin ne suffisent pas à nous endormir.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="margin-left: 53.4pt; text-indent: -0.25in; line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span dir="ltr"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Cela, je l’ai écrit, ailleurs, dans un autre texte. Un texte romanesque, lui non plus n’est pas vrai. Lui non plus ne dit que son mythe. Celui des hommes en noir dont la puissance maléfique, l’étouffe des herbes brûlées, appartiennent à une autre des errances familiales, aux vaudous du Bénin où ma famille encore traînait. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Ai-je vécu en Tunisie ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Au-delà du souvenir reconstitué, cette « mémoire pied-noir », lacérant la grisaille de ma vie française grâce à la magie des instants tunisiens, le miracle d’une présence, de ma présence au monde, je crois. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;A Beyrouth hier, avant qu’Olivier ne m’envoie ses trois photos, alors que je ne songeais point à la villa Chergui, une amie me montrait certaines de ses images à elle, celles qui interrogent la mémoire, celles sur lesquelles elle songeait à écrire. Elle, enfant, bébé boule et sa sœur, plus filiforme (bien que plus tard, sur d’autres images, mon amie semblerait maigrichonne) face à la mer, couleur de l’Atlantique cette fois, ce blanc saturé, presque nauséeux des plages africaines. Elle vivait, elle, en côte d’ivoire. Elle, libanaise. Sais-tu, me dira-t-elle, qu’au moment de l’indépendance du Liban, nous Libanais de l’Afrique nous avions eu à choisir si nous voulions être Libanais ou Syrien ? Comprends-tu que pour ces gens d’Afrique l’idée même de nationalité est née là, sur les côtes africaines, dans ce « soumis à référendum », qui revenait, pour nous, à décider soudain d’où nous sommes et de qui nous sommes.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Je  ne sais ce que ce retour à l’origine signifie. Est-ce qu’un nouveau départ va me happer ? Suis-je ad vitam la femme de l’exil et de l’errance pour n’avoir pas vécu là où j’aurais dû vivre ? Pour avoir&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;- et puisque l’histoire familiale appelle tout aussi bien ses propre mythes – été l’enfant de la Tunisie ? Celle qui prolongerait, réussirait, se vengerait d’un destin qui nous en faisait fuir ?&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;De scruter un lieu de vie, vide désormais de ma présence (et donc nécessairement vide de toute présence) mais, cependant qui incarne, au final cet identité tronquée, stand by, De mater, oui, en douce l'arbre des protestant,s ce cyprès de mon enfance, qu'ensuite je retrouverais dans le Sud de la France, planté sur les tombes des parpayots que l'état catholique français se refusait à enterrer... Leur tombe dans la garrigue, le cyprès pour ces inconnus.  Aracines...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;Je suis Sidi Bou. Je suis la ruelle qui monte dans la lumière profonde de l’été tunisien. Je suis cette aridité qui souffle son vent en même temps que ce regorgement d’eau et de matière qui donne vie au cyprès de la cour au puit asséché. Oui, je suis le Cyprès. Je suis Nanou chergui.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: arial;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal"  style="line-height: 150%; text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="line-height: 150%;font-size:14;" &gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-4498943666139192904?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/4498943666139192904/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=4498943666139192904' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4498943666139192904'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4498943666139192904'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/09/villa-chergui.html' title='VILLA CHERGUI'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_Ll9ATwRx3Rw/SMoSaOh5YGI/AAAAAAAAAAQ/o4M9CNwI2S4/s72-c/SIDI+BOU.JPG' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-7012983474075155312</id><published>2008-08-26T06:16:00.000-07:00</published><updated>2008-08-26T06:41:07.739-07:00</updated><title type='text'>des baisers pour Nasrallah</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A Naplouse cependant, et tandis que la noce battait son plein (voir post précédent) j’avais le sentiment d’une tristesse diffuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naplouse sécurisée – boire de l’alcool, même en dessous de la table, ce mariage lui-même étant inimaginable un an auparavant alors que les brigades Al-Aqsa (branche armée du Fatah) régnaient sur la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais "Naplouse sécurisée", signifie aussi des arrestations de l’armée israélienne ou de la «sécurité préventive » palestinienne. Chaque semaine apporte son lot d'arrestations. De plus en plus, cette « sécurité préventive » qui se fait, ainsi qu’on le crache à demi-mot à Naplouse «l’auxiliaire des Israéliens ». Car, dans le combat pour le leadership politique qui oppose désormais Fatah et Hamas (le Hamas régnant en maître sur Gaza) le Fatah ne peut pas se permettre de perdre la Cisjordanie. L’Autorité palestinienne engagée depuis dans une vague d’arrestations délirante contre ces supposés barbus, une dérive autocratique qui plus est qui touche de plus en plus à toute forme d'opposition, démocratique, laïque ou religieuse.... politique…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, oui, nombre de mes relations, proches ou moins proches, sont en prison désormais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que vu de loin le Hamas est quasi al-qaïdien. A titre personnel, je supporte mal que l’intime religieux s’impose à une communauté. Très Frenchy sur ce terrain, je déteste qu’on impose un carcan, un ordre dont la rigidité, l’excès fanatique menace ma liberté, mon avenir. Mais je comprends aussi que face à l’occupation israélienne et son corollaire, la corruption de l’OLP (qui n’a toujours pas entamé le nettoyage interne qu’on se saurait pourtant que trop leur conseiller), beaucoup aient basculé dans cette seule opposition.  La « troisième voie », tant espérée par certains, se faisant depuis longtemps attendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certains de ces gens que je côtoyais au quotidien sont des militants du Hamas. Je pense à l’un d’entre eux, dit « modéré », avec qui je m’entendais particulièrement bien, et qui était ce qu’on nomme dans leur organigramme interne « un prince », soit un intellectuel, une figure politique. Lui en était venu à rejoindre le Hamas par opposition au Fatah croupissant, il y a une dizaine d’années. Lui ce sont les Israéliens qui l’ont ramassé (le gibier était suffisamment d'importance).  D’une certaine façon, je suis rassurée. C’est plus sûr pour sa sécurité physique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres ne sont que de simples croyants comme Mohammed, 18 ans, détenu sans motif légal depuis un mois à la prison de Jnaid, « notre Guantanamo local », disent les Palestiniens, donnant ainsi la mesure de la réputation de ses geôles.  Lui, ce sont les Palestiniens qui l'ont arrêté. Sa famille a pu le visiter une fois et ce qu’a sous-entendu leur fils de ces conditions de détention n’est guère reluisant: privation de sommeil, suspension par les mains ou les pieds des heures durant, passage à tabac. Cela s'appelle de la torture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Il était comme un zombie, portait un pyjama de laine aux longues manches alors qu’on crevait de chaud et refusait de porter les vêtements plus légers que nous lui avions apportés. Il avait peur. Il disait qu’il ne pouvait pas parler. Qu’ILS se vengeraient s’il parlait.»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, me direz-vous, c’est vrai, même s’ils ne sont pas des militants actifs, ces gens-là dans ont voté Hamas lors de la dernière élection législative dernière. C’est vrai.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre, homme d’une cinquantaine d’années, opposant à l’OLP mais sans cette fois aucune accointance avec le Hamas, (s’il faut une preuve, le fait qu’il ait des tendances à zigzaguer dans les brumes des paradis artificielles dès quatre heures de l’après-midi devrait sans doute suffire) m’avait décrit à l’identique son séjour à Jnaid : « Pas de sommeil. Ils m’ont supendu par les bras deux jours de suite. Passé à tabac, roué de coups. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La répétition de la description – on me rapportera un troisième cas mais cette fois de manière indirecte – m’inquiète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A Gaza, le Hamas est certes impliqué lui aussi dans des séries de tortures sur les détenus  politiques (Fatah cette fois dans le cas du Hamas à Gaza)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je suis partie de Naplouse, la femme de Fares que j’étais venue saluer, européenne et chrétienne, me dira, levant son verre de vin blanc : « Si tu vois Nasrallah, fais lui des bisous de notre part. C’est notre dernier espoir. Le dernier résistant. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des baisers pour Nasrallah... Comme si lui seul incarnait encore une Résistance et une forme d'honnêteté.&lt;br /&gt;Dans ce conflit israélo-arabe/palestinien erreur sur erreur auront été commise. Récemment, depuis le refus d'accepter la victoire du Hamas aux législatives (dans ce cas fallait-il favoriser des élections?), le boycott international édicté ensuite, et désormais l'appui sans faille aux membres de l'Autorité Palestinienne.&lt;br /&gt;Et cela tout en refusant de peser de tout notre poids sur les négociations entre Palestiniens et Israéliens, seules capable de mettre un frein à l'avenir suicidaire qui se dessine à l'ombre de Naplouse ou de Gaza.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, nécessairement, je me demande est-ce à cela que, nous autres, occidentaux, dans notre infinie sagesse voulions aboutir ? Des baisers pour Nassralah ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-7012983474075155312?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/7012983474075155312/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=7012983474075155312' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7012983474075155312'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7012983474075155312'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/08/des-baisers-pour-nasrallah.html' title='des baisers pour Nasrallah'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-4793747272963643400</id><published>2008-08-26T05:55:00.001-07:00</published><updated>2008-08-26T06:04:36.343-07:00</updated><title type='text'>UN MARIAGE, TROIS AMIS ET DE LA TORTURE</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Je n’ai pas pris de photos. La noce était pourtant magnifique. Mona en robe blanche et traîne longue ; Farouk à nœud de papillon et bande de soie rouge sur le ventre (je ne sais comment cela se nomme, je me souviens avoir seulement vu cela aux hidalgos mexicains des vieux westerns).        &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;br /&gt;Seuls manquaient les feux d’artifice ou le shooting festif des brigades Al-Aqsa, qu’on aurait pu louer (l’arme ou l’arme avec le combattant, mais c’est plus cher) pour mieux marquer l’importance de l’événement .&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Les mariés, il faut dire, étaient âgés. Et d’appartenance bourgeoise. Le shooting donc malvenu. Farouk, l’élégant dandy, qui, avec constance, me rappelle le Muggly du Livre de la Jungle ; sa belle, quarante cinq printemps, un rien guindée, étiolée dans sa guimbe virginale. Tous deux pourtant avec ce drôle d’air, ce air béat qui d’habitude sied mieux à la prime jeunesse. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Lorsque les futurs mariés sont sortis de leur maison sur les hauteurs de Naplouse, un ensemble de danseurs de Dabkhé les attendaient. Tambourins pour rythmer, le pied toujours scandant, le corps de ces danseurs-paysans tournoyant, s’élançant puis comme s’écrasant sur la terre, l’épée majestueuse au-dessus de la tête des épousés dans son étui de velours jaune, comme pour éloigner les mauvais esprits et « bénir » leur union.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;    &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;br /&gt;On a ensuite rejoint en voitures klaxonnantes le restaurant de Salem effendi, le « roi du mariage » de Naplouse (Palestine). D’habitude, et parce que la location d’une salle coûte extrêmement chère, les festivités se terminent vite. On mange entre soi, dans les familles, la salle n’étant réservée que pour entourer les mariés de notre affection, les embrasser ou les coller, selon ce qu’on voudra, en de rapides effusions. Promesse d’un bonheur qu’on sait fragile.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;La fête dura cependant une bonne partie de la nuit. De toutes les façons, Salim Effendi étant de la noce, rapidement ivre lui-même, il ne pouvait guère nous virer.&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;Les escaliers gravis, Farouk et Mona s’installèrent dans ces sièges royaux, qu’on voit à tous les mariages, sortes de&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;reproduction des trônes des Khédives ou de Bey ottomans. Coincés, dans leur rôle de statue, en représentation, en parenthèse, l’un et l’autre incarnant.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;br /&gt;Farouk se faisait cependant approvisionné en Vodka limonade et cigarettes par des comparses, tanguant eux-mêmes à mesure que la nuit se faisait plus profonde. De temps en temps, il venait aussi nous rejoindre pour un swing sur la piste. Les mains toujours en l’air, ses pieds sautillants (sa jeunesse égyptienne sans doute) tandis que nous autres, plus lourds, basculions autour, resserrant les rangs, nos corps collés suant, nos pieds pulsant au rythmes des tambourins. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Derrière la piste, sur le mur de pierres grèges, une maquette de la ville scintillante des guirlandes ajoutés où l’on cernait la mosquée al-Hanbali, l’ancienne église byzantine de la vieille ville, le palais des Tuqan qui régna&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;sur la région au XVIe siècle, ses murailles crénelées, sa place des martyrs.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;br /&gt;J’étais en terrain connu. A Naplouse, dans le Djabbal En-Nar ("la montagne de feu"), au cœur de cette cité qui ne revendique d’identité que la sienne propre… D’indépendance que la sienne propre. Naplouse, dont la demie-lune à peine éclose, pour moi qui y déambule inlassablement, caresse mes anciennes géographies intimes : ville blanche, ville étroite du bled, au senteurs de jasmin et d’oranger. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Décrivant maladroitement l’esprit d’une ville, je me souviens d’un nouvel an, lorsque le soleil se levant sur la terrasse de l’un des hôtels de la ville, la « party » se finissant, les hommes avaient entonné en guise d’adieu à la nuit, un chant de guerre imbibé pour un final dakbhé tonitruant. « Neiblouze… Neiblouze…Neiblouze… » &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;Notables, terriens, commerçants ou médecins, une chose au moins distingue la famille du marié entre toutes : la haute idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Je m’exprime mal. On pourrait croire qu’il s’agit-là d’arrogance. Mais si orgueil il y a bien, c’est plus dans la revendication d’un passé, d’une gloire, qui les porte à ne pas se contenter d’un présent&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;que les membres de cette famille jugent pathétique.&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;Dans leur famille, autrefois très riche, on reconnaît des figures politiques de première importance qui marquèrent l’ancienne région ottomane – son grand-père fut ainsi condamné à mort par les Turcs pour avoir osé mettre en cause leur domination - comme la Palestine. De ces gens qui intellectuellement résistèrent à ce qu’ils considéraient déjà comme une occupation depuis la période Ottomane, le mandat britannique (le grand père toujours envoyant paître les Britanniques, se vit du coup fait prisonnier) ou les Israéliens (cette fois, le grand-père n’était plus de ce monde, c’est le père qui s’en chargea). Cela&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;leur donne le sentiment d’une droiture à tenir malgré le chaos, malgré la déliquescence de leur monde.&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;Mais ce sentiment du passé, d’un lignage exemplaire, leur donne aussi comme une sorte de préciosité inutile. Une nostalgie incongrue du rôle qu’ils ont pu avoir dans le passé tout autant que du devenir qui, à une époque, semblait leur devoir incomber. Promesse d’une Palestine indépendante, dont l’élite intellectuelle prendraient le destin de ce petit bout du Levant enfin en main. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;Le problème, dans le cas de ce mariage, c’est que l’épousée, elle, vient d’une famille que faute de mieux, je qualifierais de « nouveaux riches », Mona, donc, d’une branche pauvre des Masri (mais travaillant au sein de l’Autorité palestinienne), sur laquelle Moubib Al-Masri première fortune palestinienne et neuvième du Moyen-Orient, maintient son hégémonie. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p style="text-align: justify;" class="MsoBodyText"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;br /&gt;On pourrait croire à une quelconque lutte des classes. L’ancienne nomenklatura terrienne cédant le pas à cette noblesse monétaire, désormais supposée incarner l’avenir de la Palestine. En sourdine toutefois c’est aussi un combat politique qui se joue : la famille de Farouk n’acceptant pas de serrer la main à des gens de l’Autorité palestinienne que les membres de cette famille, à l’image de l’immense majorité silencieuse des Palestiniens, considèrent comme&lt;span style=""&gt; &lt;/span&gt;des « corrompus », des gens qui ont abandonné le « Résistance » pour simplement « gérer l’Occupation. » &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;La tension était même monté d’un cran puisqu’une délégation américaine avec laquelle la mariée travaillait s’était crue invitée. Le « non » poli de Mona les avaient déçus tant ils espéraient pouvoir enfin tâter de la vraie Palestine, de la vraie vie des gens.&lt;span style=""&gt;  &lt;/span&gt;Et comme ils n’avaient pas compris (dans la culture arabe, dire « non » ne se fait pas, c’est une marque d’une telle impolitesse qu’elle est presque inimaginable). On craignait leur survenue. On attendait cependant avec une certaine impatience vindicative qu’un de ces crétins osent pointer son nez, pour le jeter dehors. &lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;Mais finalement, personne ni soldats israéliens, ni brigades Al-Aqsa, ni Autorité palestinienne, ni même Américains à se mettre sous la dent.&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;Alors, à défaut, on a bu de la vodka schweep limonade sous la table (ce qui ne facilite pas le dosage léger), dansé, tangué dans la nuit tandis que le râle guttural du chanteur égyptien Farid Al-Attrache nous rendaient finalement à la nuit.&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height: 150%; text-align: justify;"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-4793747272963643400?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/4793747272963643400/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=4793747272963643400' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4793747272963643400'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4793747272963643400'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/08/un-mariage-trois-amis-et-de-la-torture.html' title='UN MARIAGE, TROIS AMIS ET DE LA TORTURE'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-8868656455703578785</id><published>2008-08-12T00:17:00.001-07:00</published><updated>2008-08-12T00:18:04.305-07:00</updated><title type='text'>VIEILLIR D'AMOUR</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il m’a dit : « Tu vas le regretter. Tu verras dans un an, tu vas vraiment le regretter. » Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse d’une menace, plutôt d’un constat. Encore que, sa petite phrase, faisant suite à mon refus d’écarter les jambes, il faille sans doute y voir a minima la revanche de l’homme éconduit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est vrai que, d’une certaine façon, je pourrais bien le regretter. N’a-t-il pas tout ce qu’une femme de mon âge (c’est-à-dire une femme dans l’urgente posture de « songer à refaire sa vie ») pourrait souhaiter ? Un grand et bel appartement à Beyrouth, une femme de ménage philippine très sympa, une maison de famille dans l’arrière-pays… L’homme, qui plus est, divorcé, beau gosse, de ce genre à barbe et grosse voix (la voix chez moi étant le véhicule de l’extrême séduction) dont on dit qu’ils ont du chien. Parfois, d’une intelligence vive même si celle-ci achoppe sur un désabusement, une sorte de repli intellectuel qui le fait s’enferrer dans l’ennui existentiel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il m’a aussi dit : « Tu es la femme la plus vieille avec qui j’ai jamais couché. » (En fait, nous avons couchaillé le temps d’un week-end) On aurait pu s’attendre à d’autres déclarations, nous deux nus, en train de tenter de voir si ces gesticulations d’unijambistes pouvaient prolonger notre amicale rencontre.&lt;br /&gt;Ou bien à ce qu’entre en scène un tout jeune homme, encore mal dégrossi dont l’attrait pour les femmes mûres viendrait parfaire l’éducation sexuelle. Sauf que… Le quidam a la barbe blanche, le poil &lt;span style="font-style: italic;"&gt;shivat &lt;/span&gt;(grisonnant), et le cheveu somme toute assez rare. En la matière, j’aurais pu tout aussi bien m’exclamer: « Mon dieu, comme c’est étrange un corps d’homme de plus de 50 ans. Je n’en avais jamais encore touché. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’interrogeant alors sans en avoir l’air, par petites touches doucettes, il me dit que : « oui, c’est un fait, les femmes vieillissent plus vite que les hommes. » J’essayais bien de le raisonner, lui rappelant que sans doute est-ce le regard de la société, le poids constant posé sur nos épaules gracieuses, qui nous fait « vieillir plus vite. » Mais non, pour lui, c’était bien au-delà de ces contingences sociales. La ride, comme quelque chose de génétique contre lequel il était inutile de lutter. « À 40 ans, la femme est foutue, physiquement disgraciée. C’est un fait. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Farouk, un médecin palestinien de Naplouse, (Cisjordanie) 53 ans et pour lequel je m’apprête à me tasser pas moins de 4 barrages israéliens pour assister à son mariage m’assura que oui, en effet, dans la société palestinienne, une femme, qui à 35 ans serait encore célibataire est à peu près foutue. En général, ajouta-t-il, alors que lui-même convole en seconde noce, il est vrai, avec une vieillarde de 45 ans ne lui reste que quelque choix assez restreint : un divorcé avec enfants (c’est son cas), un vieillard à Viagra et prostate défectueuse voire, dans les milieux défavorisés, un polygame en chasse. Autre option, celle-là de pure renonciation : le sacerdoce d’une vie dédiée à ses parents, femme célibataire en charge du confort de sa parentèle au soir de leur vie finissante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette idée de vieillerie me taraude depuis. Non content de jouer en écho à des problématiques souterraines intimes, (ce « qu’ai-je fait de ma vie ? » lancinant), la petite maxime de mon ami à barbe blanche de Père Noël restait coincée, bloquée à la surface consciente de mon esprit. Je me demandais si, pour reprendre le titre d’un roman fameux (mais sans grand intérêt) de Romain Gary : Au-delà de cette limite, mon ticket est-il encore valable ? Le crépuscule serait-il déjà advenu que je ne l’ai point remarqué ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Profitant que mon passage épilation et tandis qu’allongée nue (encore), la jambe en l’air, sur le châlit de torture, pour mieux permettre à « mon » esthéticienne d’arracher les derniers poils , je discourais avec elle de la condition féminine.&lt;br /&gt;Elle-même 26 ans, chrétienne, 500 livres libanaises par mois, mariée à un vieux (47 ans, ennuyant) avec un garçon de 3 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ici, des 20 ans, c’est la course. Ta famille est là à te presser. Parce qu’à partir de 30 ans, cela devient border line. Pourquoi je me suis mariée avec lui ? Je ne l’ai jamais aimé. Il était vieux et peut-être qu’il comblait un vide affectif : mon père n’ayant jamais été très présent dans ma vie. Mais maintenant, mon dieu, que je m’ennuie avec cet homme-là. Toujours depuis son ordinateur. Quand il veut la bagatelle, il me tapote : trois petits coups comme cela (disant cela, elle me frappe l’épaule, le ventre et les fesses). Tu crois que cela te donne envie ? Toi au moins tu n’as pas besoin d’un mari, tu n’as pas à te préoccuper de ses crampes et de tout ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;caza caza&lt;/span&gt;. Tu peux prendre un amant, même à 40 ans, et même si tu veux des enfants tu peux les faire hors mariage. Ta condition d’étrangère te protège du regard de la société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour revenir à l’infini surprise de mon ami à barbe blanche, il avoua : « Le problème, c’est que je n’arrive pas à imaginer refaire ma vie avec une jeune fille de 20 ans. Baiser oui mais partager sa maison, hum ? » Même si, ajouta-il, on voyait dans le creux de mon cou de ces marques du temps, « de ces traits horizontaux qui barrent la peau » lesquels s’empressa-t-il d’ajouter : « se trouvait être presque exquis. » C’est là je crois, que ma neutralité d’observatrice bienveillante a commencé à se fissurer. Un sourire toujours, nous deux nus dans son lit immense, à vaguement regarder le corps de l’autre comme s’il s’agissait d’un pneu qu’il faudrait changer, je lui administrais un : « Mais tu n’aurais pas un problème à bander par hasard ? C’est mou. Ça reste mou», tout en jouant, avec sa queue comme d’une poupée désarticulée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-8868656455703578785?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/8868656455703578785/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=8868656455703578785' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/8868656455703578785'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/8868656455703578785'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/08/vieillir-damour_7886.html' title='VIEILLIR D&apos;AMOUR'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-5706579969418606184</id><published>2008-06-26T22:57:00.000-07:00</published><updated>2008-06-26T23:02:43.167-07:00</updated><title type='text'>L'AMANT BEYROUTHIN</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce que plus encore j’apprécie, c’est de regarder les hommes – cette fois, j’entends le terme dans sa différence sexuée - se débattre, tenter exister, tenter de respirer puis, de nouveau, retomber dans ce cocon nauséeux, ce moi souffreteux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Regarder, d’une certaine façon encore, c’est ne pas être concerné. Encore moins impliquée. C’est « n’être pas. » Le syndrome du survivant à la guerre. Le syndrome aussi de « l’étrange étranger » : celui qui ne sait plus donner. Qui aimerait tellement, mais n’en a plus les moyens, sidéré, figé dans la glace mémorielle de ses fantômes ou de ses morts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cela, l’amant beyrouthin (voir Post : « Capote Hezbollah ») est à mon image (ou bien est-ce moi qui lui prête ce masque ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais toujours pas pourquoi nous couchions ensemble. Mais nous baisions. Sans trop de régularité, sans trop non plus d’intensité. L’un et l’autre comme gardant une sorte de suspicion, un retrait dans l’intimité. Nous étions étrangers. Les gestes étaient bien-là pourtant. Tout ce qui devrait faire de nous des corps complices, connus, presque assimilés. Mais rien : nous jouions, nous jouissions. Nous n’étions pas dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois, toutefois, et parce qu’il faut bien coller à un scénario, il susurrait des phrases : des « Tu m’as manqué hayaté», ou « Nous imaginais-tu à Damas ensemble en week-end lorsque tu y déambulais seule ? » ou sa dernière trouvaille : « Et si nous partions en France ensemble ? » C’était le ronron amoureux. À défaut de promesses christiques – ce « Je t’aimerai toute ma vie », « tu seras mienne d’éternité »- que, tout de même, il ne parvenait pas à énoncer, l’amant beyrouthin cherchait des pis-aller, des petits bouts de tendresse, de connivence, qui nous placeraient sur un autre registre, moins surfait, plus digne que le seul sexe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme s’il croyait à un besoin chez moi d’un vertige romantique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces cas-là, je ne répondais rien. L’avais-je imaginé à Damas ? Oui et non. M’aurait-il manqué ? Oui et non. La ligne de ses yeux d’un vert gris de pluie torrentielle m’avait traversé l’esprit. À Damas ou ailleurs. Je puis aussi songer à lui, retrouvant dans ma mémoire par mégarde, ou parfois par désir, cette façon qu’il a de se caresser les lèvres d’un doigt incertain, comme pris d’un doute, d’une interrogation existentielle. Il est alors si beau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si ma mère me lisait (quoi qu’elle me lise et, même si elle trouve parfois la chose trop crue, vante à qui veut l’entendre l’extraordinaire génie littéraire de ses filles), elle dirait, je le sais, que je suis trop dure. Ne laissant finalement à personne un petit coin pour rêver, une zone de repli. Qui sait : d’existence à mes côtés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, si jouant du romantisme niais, j’en venais à répondre le jour suivant : « Chéri, j’ai acheté les billets. Tout est arrangé. Nous partons à Paris. » Je sais aussitôt que la porte se serait fermée. L’amant beyrouthin trouvant des prétextes – un soudain voyage professionnel au Kurdistan, sa mère gravement malade ou mieux son ex-femme qui l’appelle au secours pour sauver les enfants d’un danger imminent (en la matière, l’insécurité de la ville pourrait servir d’excuse ad libitum)… Enfin, quelque chose contre lequel, normalement, je ne puis que me résigner et comprendre. Quelque chose pour lequel, je devrais même compatir et peut-être le consoler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa fuite permanente, c’est la peur. La peur, tout comme moi, sans doute d’y revenir sur ce chemin harassé, de retrouver le feu, comme dirait Johnny, d’être aimé autant que d’aimer. Non plus un jeu qui occupe, non plus cette présence légère, ce désir des rues de Beyrouth, qui nous fait exister sans nous enfermer, mais bien ce lien, - partage, fractures, émotions,-qui faute de mieux définit l’attachement. Car à ce moment-là, et comme dans la « rencontre communautaire », il faut se définir, s’engager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le regarde faire avec délectation. Je suis chasseur. Avec, dans le champ de ma lunette, un animal qui sentirait le danger sans pour autant, encore le cibler. Le vent contre lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je regarde sa peur prendre corps. Je la sens dans chacun de ses mouvements se matérialiser. Tandis qu’il se retire, s’éloigne, tandis qu’en même temps le discours prend des colorations presque amoureuses. Plus il fuit, plus il devient tendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amant beyrouthin est l’homme brisé, vacillant dont l’espoir repose sur LA Femme rencontrée pour renaître à la vie. Mais dont l’angoisse aussi repose sur LA femme, celle du don et de sa perte. Celle de la fuite hors de l’Eden. Celle qui toujours ment puisqu’en même temps que la promesse d’éternité (maman, Eve ou Mariam el-Adra), elle sera aussi la Méduse sidérante et, pour des temps plus modernes, la mégère vociférante. Celle qui rappelle l’éphémère, qui vous entraîne dans la tombe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’amant beyrouthin brûle encore de ces faillites intimes – d’un divorce, d’une guerre, ou de cette autre aimée à la folie, qui se révèle n’être qu’une gourgandine, une fois les folles heures passées…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est comme un survivant qui ne comprendeait pas comment il a bien pu survivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas moi qui invente. Il le dit souvent : « Dieu a été clément avec moi. Chaque fois que j’ai cru mourir, chaque fois que la position combattante que je tenais semblait être prête à tomber et ma mort avec, un passage s’ouvrait. J’ai toujours survécu. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu, pour l’amant beyrouthin, qui bien plus que moi est athée, c’est ce miracle incompréhensif. S’être tant préparé, pour au final survivre, n’est-ce pas la pire douleur ? La pire mort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais s’il voit le lien avec la trame amoureuse. Moi, dû moins, puis-je le faire. Survivre à celui qui part, qui vous hait, écrase, exècre (et dans ce mot, je me souviens d’un des derniers poèmes de Robert Desnos, écrivant dans les camps de rétention français avant ceux, nazis, de l’extermination : « Silex et craie » que l’on lit mieux ainsi : « Si l’exécrée… » ). Si l’exécrée, l’aimée-détestée donc condescend peut-être alors survivrais-je.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ces fantômes, leur lancinance colle à nos peaux. Je les sens traîner dans son appartement, s’asseoir sur nos genoux, s’installer dans le lit. Je vois sa femme dans le passage de mes doigts glissant sur un livre, celui de son ex-petite amie quand ma bouche voudrait pleurer un pathétique « Pourquoi n’es-tu jamais là ? » Ou des miens quand j’écris dans un dernier SMS « Prend soin de toi. » La formule polie, presque tendre, dont j’ai toujours senti pourtant la puissance rejetante, l’homme, l’un de ces autres, celui de ma mémoire pulsant, l’énonçant comme il aurait pu dire un : « va te faire foutre, je me casse. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je repense encore aux « variations » de Bach : ce thème mille fois réitéré dont la reconnaissance, la familiarité du motif fait surgir d’entre les notes le fantôme d’œuvres pourtant absentes. L’amour à cette image se recompose, s’agrège des fantômes du passé (les nôtres tout autant que ceux de l’humanité, que voulez-vous, je vis en Terre Sainte)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qui suis-je, pour lui ? Qui vive, pour lui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien. Ou alors un éclat noir de lumière. Rien qu’un souvenir assombri, qui déjà se déliquéfie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il prend un verre, whisky ou vodka.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il se tient là alors entre le manque, l’envie et le dégoût. Faute d’éprouver, il se gargarise de mots.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La rencontre déjà n’est plus. L’harassement commence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’alcool parfois aussi  fait revivre l’instant premier. C’est dans ces moments-là qu’il dit : « tu me manques. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai abaissé le fusil. J’ai dit ce qu’il voulait entendre. « Prends soin de toi. » Car c’est encore aux femmes qu’il laisse le soin de la rupture. Je l’ai laissé s’enfuir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-5706579969418606184?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/5706579969418606184/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=5706579969418606184' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/5706579969418606184'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/5706579969418606184'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/06/lamant-beyrouthin.html' title='L&apos;AMANT BEYROUTHIN'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-511532554485688539</id><published>2008-06-26T22:51:00.000-07:00</published><updated>2008-06-26T22:57:35.260-07:00</updated><title type='text'>CAFE COSTA - HAMRA</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il y avait cette comptine  française « J’aime regarder les femmes qui marchent sur la plage. » Je&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span class="on" style="display: block;" id="formatbar_JustifyFull" title="Justifier" onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 13);ButtonMouseDown(this);"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; ne sais plus qui la chantonnait mais le leitmotiv « ce regard porté », ce «déshabillage » aigu du déhanchement féminin me plaisait. Ce regard, c’était « l’amour de loin » des poètes troubadours : une attention vacillante et fantasmée qui, en permanence, réinvente l’être aimé (le support, au demeurant, n’ayant que bien peu d’importance).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois être souvent à l’identique : il n’est rien que j’aime mieux que de scruter en témoin discret, vigie silencieuse, le balancement des foules. Plus spécialement des hommes étrangers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Beyrouth, il suffit de se poser dans n’importe quel café ouvert sur la rue pour aussitôt ressentir l’irrésistible mise en scène, cette infinie et si plaisante Comedia dell’arte. Au Costa d’Hamra (côté Est) – pourtant sans autres atours - ou au Starbuck – lui-même d’une laideur standardisé - de la place Sassine (côté Ouest), la musicalité des hommes (et des femmes) chaloupant entre les tables, traversant les rues relève de cette même poésie urbaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand le glacis citadin s’éveille, quand les corps avancent, vacillent, on voit enfin Beyrouth.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque chose de déchiré, d’abrupt en même temps que d’évanescent. Violence et légèreté, on l’a si souvent dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que l’imaginaire occidental, pour dresser Beyrouth, songe presque aussitôt à un agglomérat communautaire où les lignes de fractures sont comme des murs insoupçonnables en même temps qu’infranchissables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quid du Chrétien d’Achrafiyé ? Du Chiite de la banlieue Sud, du Suniite d’Hamra  ou du Druze de la montagne ? Mais derrière ce modèle, dont on voudrait bien qu’il coïncide avec la réalité, une impossibilité à deviner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me demande parfois si nous cessions de regarder, nous autres Occidentaux, ce qu’il arriverait justement de ce modèle tant sublimé, auquel, malgré l’hommage réitéré (voir le voyage éclair de Sarko 6 (cerveaux)), force est de reconnaître que l’on n’y comprend rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est comme si, ici, à l’image d’une théorie quantique, nous n’existions que par (et pour) le regard soudain posé sur nous.&lt;br /&gt;Porté à l’existence, nous devenons Chrétiens, Sunnites, Druzes ou Chiites… Femmes ou hommes. C’est le regard de l’autre qui nous affirme. Autrement, nous nous désagrègerions en molécules élémentaires, nous nous évanouirions en poussière invisible. C’est l’autre : double &amp;amp; miroir ; l’autre : double &amp;amp; différent- ; l’autre : double &amp;amp; communautaire. Sans lui, nous ne sommes rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est, je crois, pour cela que certains de mes amis ont tant de mal à se mêler. Ils se méfient. Qu’un autre Libanais soit de la partie, et aussitôt, ils craignent de devoir enfiler leurs costumes communautaires. S'identifier. Tandis que, bien loin de là, baguenaudant dans les rues d'Hamra, l'effleurement des passants, nous ramène à la vie sans nous enfermer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À regarder aux aguets, je vois naître ce jeu de désir souterrain. En permanence, ainsi s’exacerbe la présence de l’autre, lui donne sens et signification. Mais jamais ne vient la pénétrer. Au café d’Hamra, la femme s’ébroue, vivante soudain. Au café d’Hamra, l’homme s’effeuille, il grandit. Je le fais advenir.  Celui-là ? Ma foi, il n’était rien avant que mes yeux n’en dessinent le contour. Et pour tout dire, parce que je les aime ainsi, n’arrondissent ses fesses d’un rebondi aérien, ne renforcent les muscles de ses jambes d’une lourdeur paysanne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du désir, les rues de Beyrouth ne gardent que l’essence : un affleurement sans but. Un affleurement, oui, juste cela.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-511532554485688539?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/511532554485688539/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=511532554485688539' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/511532554485688539'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/511532554485688539'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/06/cafe-costa-hamra.html' title='CAFE COSTA - HAMRA'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-9106696514512071702</id><published>2008-06-17T22:36:00.000-07:00</published><updated>2008-06-18T04:24:41.183-07:00</updated><title type='text'>Damas en villégiature</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cela m’a pris vendredi matin. Rien d'autre ne comptait : une envie d’air, d’échappées belles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si l’élection d’un président libanais assurée, son nom sanctifié avant même de passer devant le Parlement, notre Pacha méditerranéen Sarko Ier en visite pour l’introniser, j’en avais ras la couenne de la tension qui pulsait en battement saccadé sur Beyrouth.&lt;br /&gt;Oh, bien sûr, on était revenu à la normale. Juste des « accrochages », un mort parfois la nuit et…Les camps de réfugiés palestiniens qui s’agitent toujours en souterrain… Comme un message subliminal, un avertissement sous-jacent...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le cérémonial des chefs, leaders, cassites de ce petit bout de terre me fatiguait. Le « La défense, c’est à moi, à moi » du général Aoun (chrétien, allié au Hezbollah, et, pour faire court, « pro syrien »), qui pâtit, c’est vrai, d’une vraie guerre de tranchée de la part des « légitimistes », (soit les « occidentaux », les pro-américains et pro-Arabie saoudite) ou les revendications de ceux-là justement qui hurlaient « si tu ne me donnes pas l’économie et la justice, je lâche mes chiens »……&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors j’ai filé à Damas. 3 Heures de taxi-services, une conversation crispée avec les militaires syriens et je rejoignais H., un ami en mission en Syrie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;H et moi on se connaît depuis 2000.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l’époque, je traînais à Bethléem pour un papier sur l’économie de guerre avec Salim, lui-même italien (palestinien mais avec passeport italien) quand Salim me dit : « Il te faut un Français. » Comme si autrement son honneur mis en doute, mes capacités linguistiques également. C’est comme cela que j’ai rencontré H.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;H. n’est pas Français même s’il parle ma langue. Lui est Suédois (si vous suivez la logique : Palestinien avec un passeport suédois). Y’en n’a pas beaucoup en Palestine. En plus, il le parle vraiment, le Suédois. Et faire le marché avec lui, c’est toujours prendre le risque d’apprendre du Suédois à la place de l'Arabe. Quand je lui demande, si on peut faire un tour par le marché aux épices pour acheter de ce "truc, tu sais, qu’on met avec les sauces aux tomates, les bamias", il me répond « Ah oui, tu veux du "gruck", c’est bien ça ? » Naturellement, quand de retour à beyrouth, j'ai exigé du "gruck", mon épicier a jeté sur moi un regard d'incompréhension totale...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, en Syrie, quand, on l’écoute expliquer pourquoi il parle l’Arabe avec un accent jordanien (et se plier ainsi à la règle implicite, qui veut que, en Syrie, si la sacralité de la cause palestinienne n’est pas remise en cause, la survenue d’hommes et de femmes vivant dans la proximité de l’Ennemi n’est cependant jamais la bienvenue) cela donne, étape par étape :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ma famille vient de Turquie. Fin du siècle dernier. Mais mes grands parents ont quitté la Turquie (nota : ils ont fui quand ont commencé les pogroms anti-chrétiens dans l’empire ottoman.)&lt;br /&gt;- Moi, je suis né Bethléem, en Palestine.&lt;br /&gt;- Mais je suis venu enfant en France (c'est pas vrai, mais faut faire passer l'énormité d'une naissance palestinienne très vite) et j’ai fait mes études en France (d’où pour le vendeur de tapis aussi la raison de ma présence à ses côtés, moi inévitablement consacrée "femme de") mais j’ai longtemps vécu en Suède.&lt;br /&gt;- Ma femme d’ailleurs est suédoise. (Là, le vendeur ne pige plus ma présence sauf à se dire que finalement je ne suis peut-être que la maîtresse d’un voyage d’affaires)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;H. s’avère en fait Assyrien (sa langue maternelle étant l’araméen), L’une des petites communautés chrétiennes de la région. « Non-Arabe » comme indiqué sur sa carte bleue des habitants de Jérusalem-Est (la carte de ceux dont les quartiers ont été conquis après le conflit de 67 par Israël.) L’Etat israélien cependant remettant en cause sa validité, ayant découvert qu’il était certes « habitant » de Jérusalem-Est, mais avait, ô infamie, aussi une maison à Bethléem, ce qui est bien sûr inadmissible pour un palestinien.&lt;br /&gt;Le berceau familial de H., se situant autour de ce qui est maintenant la colonie de Gilo, extension de Jérusalem. Les terres familiales inaccessibles puisque MUR il y a entre Jérusalem et Bethléem.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je raconte cela, alors que se prélassant au soleil de Damas, sous les treilles de la vieille ville, se pourléchant d’un plat de « chich-barack » (lentilles et nouilles), mais comme réinventé avec des oignons fruits, du Coriandre frais et d’une pointe de Sumak, c’est que soudain, là, ailleurs, tous les deux, hors de notre monde furieux, quelque chose entre nous comme une évidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jérusalem pèse sur l’âme de ses habitants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il nous a fallu un week-end de farniente, de sauvageonnes escapades, pour nous rendre compte, dans la langueur de la ville syrienne, combien à lui comme à moi Jérusalem (ou Bethléem ou Naplouse) influait sur notre rigidité sociale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À Damas, en goguette, et comme deux adolescents encore avides de plaisirs enfantins, nous retrouvions l’absolu bonheur à n’être pas sous le regard de l’autre (l'Israélien, le militaire, le mafia gangster, l'autre quoi en figure de pouvoir).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un sentiment difficile à exprimer. Être sous occupation à Naplouse ou à Bethléem, être sous tension éruptive à Beyrouth ou Jérusalem est un sentiment qui agrège tout jusqu’à ce que vous l’ayez à ce point intériorisé qu’il n’existe pas d’autre possible. L’anormalité de la situation vécue devient votre normalité. On se tend alors, on inscrit comme innée une rigidité, une fatalité obscure dont on ne découvre l’artificialité qu’à l’étranger… Hors de notre monde furieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-9106696514512071702?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/9106696514512071702/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=9106696514512071702' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/9106696514512071702'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/9106696514512071702'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/06/damas-en-villgiature.html' title='Damas en villégiature'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-6121757379216935317</id><published>2008-05-16T03:02:00.000-07:00</published><updated>2008-05-16T05:39:09.325-07:00</updated><title type='text'>Capote Hezbollah</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avez-vous la même sensation que moi ?  Baiser sous capote, ce n’est pas vraiment baiser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les vieux ronchons pourraient bien voir dans mon assertion la réassurance de leur dégoût. Surtout pas de capotes! ça tue l’acte, la présence, la chair, le contact.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, toutefois, le morceau de plastique à insérer SVP, ne m’a jamais posé problème. J’aime bien les capotes. Ça limite l’investissement affectif. Ça protège. Comme si ce n’était pas moi, là, nue sur le lit importé de Dubaï, la fenêtre de la chambre donnant sur l’ancien hôtel Intercontinental de Beyrouth, monument à la gloire de Beyrouth ravagée tant sa haute façade garde la mémoire, des tirs de la guerre civile.&lt;br /&gt;&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span class="on" style="display: block;" id="formatbar_JustifyFull" title="Justifier" onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 13);ButtonMouseDown(this);"&gt;&lt;img src="img/gl.align.full.gif" alt="Justifier" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C’est juste à acheter que c’est galère. On n’en trouve pas dans les supermarchés. Faut aller à la pharmacie. Et dire en Arabe (parce que naturellement y’a pas de présentoir avec le produit accessible, les parfums, les tessitures - striées/lisses/à anneau resserreur - ou a minima les tailles) à un pharmacien : « Please, monkem, vous n’auriez pas une boîte de condoms ? », même si je peux du strict point de vue de la langue, ça pose quand même un putain de problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je vivais en Palestine, cela faisait d’ailleurs partie des denrées que je rapportais de mes virées à Jérusalem avec l’alcool dans les Territoires pour la communauté. Ainsi que certains médicaments, la sultah trafiquant gentiment sur les importations, certains médocs notamment cardiovasculaires s’avéraient inefficaces – autant dire de contrefaçons chinoises- en Palestine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les pharmaciens palestiniens ayant en plus une fâcheuse tendance à vendre la capote en couinant des mandibules et, qui plus est, à l’unité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus de trois d’un coup et t’étais repéré. Limite s’ils ne téléphonaient pas à l’iman du coin avant/après la la leçon de morale (puisque c’est bien connu l’homme ne baise pas hors mariage, et le mariage, c’est fait pour faire des moutards).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En plus, fallait prendre un taxi pour aller dans un quartier lointain, histoire que le pharmacien  ne te repère pas. Que ta réputation soit protégée. La capote, à ton front ravaudé, comme la «honte sur toi. » L’horreur quoi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les kilos de condoms que j'ai fait passer en douce, je vous raconte pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, on n’en est pas à ce stade au Liban. N’empêche qu’il me reste une seule capote et que je ne sais pas comment je vais faire pour en racheter. Ma culture palestinienne qui me joue un tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai d’ailleurs eu un coup de paranoïa intense quand je me suis repliée sur Achrafiyé lors des combats de la semaine passée. J’ai pensé soudain, alors que je me croyais sauvée, à ma boîte de condoms (israélienne) en évidence dans l’armoire entre les chaussettes et les soutifs. "Oh merde" ai-je pensé "s’ils pénètrent dans les maisons, je suis foutue. L’emballage en Hébreu ravissant, ça va vraiment pas le faire. "&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, j’ai jeté la boîte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comprenez bien, et bien que je minaude grave sur ce blog, parfois quand même l’envie d’ouvrir les jambes ça vient :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le gonze en face de vous… Ben, c’est mitigé. Genre vous l’aimez bien, respectez son intelligence, adorez sa grandeur d’âme itou itou. Il est plutôt bien foutu. Élégant, grand, bien balancé même si on sent l’affaissement des chairs à de petits riens. La largeur des chemises qui dissimule par exemple. Mais à son avantage, je dois dire, que c’est un sunnite. Donc, ai-je songé, au moins, n’allais-je pas avoir un choc d’esthétique religieuse. Le prépuce coupé (j’ai un mal fou avec les chrétiens de ce point de vue) et même peut-être la zone pileuse soignée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais y’avait pas d’élan, pas de flux d’hormones tendues qui fait bip bip quand il s’approche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces cas-là, la capote c’est pratique. Ça permet de tester sans en avoir l’air. Et au petit matin, de se dire, "c’est pas moi qui l’ai fait." Je n’étais pas là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui m’a amusée, c’est l’empressement du sieur à tout organiser dans la chambre. Trois fois qu’il y est retourné, en catimini. Placer la capote sous l’oreiller accessible. La boîte de kleenex pas trop loin pour un usage détergent post-combat. La bouteille d’eau à portée de la main.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La chose en elle-même a été pliée en trois coups de cuillères à pot. Cinq minutes et zou on  empoche le gros lot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai adoré qu’il me dise, essoufflé (il fume trop): « on est venus ensemble, chéri » Moi ayant émis un gémissement, un "hiiiii" pathétique parce qu’il appuyait trop sur ma hanche. Et qu’au moment où je partais (pour dormir chez moi. Y’a pas de préservatif à taille humaine qui protège du contact), il me dise : « merci. » Comme s’il savait que je m’étais aussi donnée par amitié. Juste parce que nous avions besoin, l’un et l’autre, en ce soir de victoire politique Hezbollah sur le pays – et tandis que le spectre de la guerre civile s’éloignait enfin - d’une ondulation animale.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-6121757379216935317?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/6121757379216935317/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=6121757379216935317' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/6121757379216935317'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/6121757379216935317'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/05/capote-hezbollah.html' title='Capote Hezbollah'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-8673036631038215473</id><published>2008-05-14T23:34:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T01:27:25.698-07:00</updated><title type='text'>Du cèdre ou de la fleur de chou ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Quand ça a commencé à bombarder, je venais à peine de rentrer chez moi. « Ils » (l'opposition, donc Hezb en première ligne) canardaient Future, la télévision de Rafic Hariri tout à côté. Pas loin de 30 millions de dollars qui sont (presque) partis en fumée. Mais ça, je crois qu’ils s’en foutaient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après deux ou trois "boum-boums" bien tassés avec la spirale/chuintement de vent préalable des roquettes, chacun savait que ce n’est pas pour rire et que la nuit allait être longue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, elle ne l'a pas été trop, la nuit, toute proportion gardée. La prise de contrôle de Beyrouth ouest pliée en deux-trois heures. Le reste de la nuit de simples accrochages ou des cons pissant dans les coins pour marquer leurs territoires, à coup de "tchakaboumboums" surpuissants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réflexes, on jette des draps par terre, si jamais les vitres venaient à exploser sous les impacts. On éloigne les meubles des fenêtres. On prend son matelas, celui de ses enfants, et on l’installe dans la seule pièce sans fenêtre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En général, le couloir ou la salle de bain. On vérifie aussi les bougies. L’électricité est vite coupée et l’eau vient aussi à manquer. Mais tant que c’est possible, on laisse la télévision tournée en 24/24 pour suivre depuis les hauteurs, les journalistes casqués, gilets pare-balles d’Al Jazeera ou de LBC, qui nous raconte l’événement qu’on est en train de vivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est normal comme réflexe. Rester ensemble, nidifier dans les replis "sécurisés" de sa maison.&lt;br /&gt;Se voir à la télévision aussi, ça distancie. Une distanciation, oui, bienheureuse qui vous permet de tenir alors que vos vitres tremblent. Ça donne un sens, une ligne surtout, un début et une fin à l’enfer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais moi, je n’ai pas la télévision. J’écoutais les "boums-boums" se succédant drus, sachant, au moins, que cela indiquait une bataille rangée pour un bâtiment. La TV de Hariri comme objectif probable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je m’étais installée dans Zarif, je m’étais dit « Oh merde, elle est quand même très près… » Mes amis Palestiniens me disant : « Trouve-toi un quartier homogène et vit dans son cœur. » Quand ils disaient "homogène", pour eux, ça signifie "sunnites".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non pas que mes copains palestoches détestent les chiites, au contraire. Ils ont tendance à vénérer Sayyed Nassrallah (« en termes de résistance aux Etats-Unis, et à Israël, y’a pas mieux. Mais on ne veut pas de son agenda social. ») Juste, quand même, que des dingues à turban qui vénèrent le sultan Omar plus que Mohammed, ça les laisse perplexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naturlich, je m’étais choisi un coin dans un quartier mixte, en bordure. Mon côté français, sans doute. Comme dit Farouk : « Faut toujours que tu ailles fourrer ton nez, là où il ne faut pas. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, ensuite, faut pas s’étonner, les "boum-tchouffes" en cascade.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vers 9 Heures, l’appel à la mosquée glougloutant au milieu des rafales. Les tirs de roquettes s’espaçant, s’éloignant vers Hamra tandis que progressivement le tchacotchac des tirs (en l’air) les remplaçait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En cas de guerre, quand coincé dans son appart, il faut se trouver une occupation. Quelque chose qui vous occupe les mains, le corps. Ou plutôt quelque chose qui vous relie à l’intensité de votre vie. C’est pour cela qu’on sort, qu’on hurle, qu’on danse sous les bombes. C’est aussi pour cela qu’en cas d’invasion, l’une des règles inconscientes, c’est de se regrouper. Un réflexe, un autre, qui vous prouve tout autant qu’il accomplit le sens de votre vie dans une communauté (celle des êtres vivants).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est aussi pour cela qu’à chaque fois qu’une bombe éclate, un missile dans l’air et sa traînée verte dans la nuit, tout ça, moi, ça me fait monter ma libido en vrille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A. dit que la guerre transforme. Elle en change le tracé de la vie, pour le meilleur et pour le pire. Qui serait-il s’il n’avait passé 10 ans à combattre dans les rangs du PC libanais pendant la guerre civile ? « J’aime la vie avec une foi absolue ; en même temps, l’amertume me prend souvent. La mort désacralisée…» Il dit aussi : « Je déteste la violence. Je déteste les armes. Chaque fois, je me dis : "un coup de feu et je fous le camp." Je suis sincère. Mais, dès le premier coup de feu, je deviens un autre homme. Le danger, la mort m’attire. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, lui se promenait dans les rues de Beyrouth, trouant les rangs des miliciens de son pas chaloupé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une épilation intégrale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je voyais que ça, dans son automatisme réitéré qui me permettent de faire abstraction. Alors tandis que la mitraille voltigeait, les « ssscheeu- boum » des mini roquettes (celles incorporées aux fusils) en son régulier venant percuter les murs, je m’arrachais les poils un par un à la pince à épiler. Plus de sucar ("cire") et, de toutes les façons, pas d’accès à la cuisine pour m’en faire. La cuisine, donnant sur Future, trop exposée aux tirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;César m’appelait aussi. Inquiet de ma position alors que les dingues envahissaient les rues. «Toujours en vie, toujours excitée ? » demandait-il vers 1 H du mat tandis que l’orage éclatait dans la nuit, lavant la ville de ses spasmes. « Oui, habib elbi, toujours. », lui répondais-je, sur mon matelas, dans le couloir. Lui m’invitant à venir mes décontracter les neurones/le corps dans son pieu si jamais je n’en pouvais plus des guerriers chiites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Allez, viens à Achrafiyé. On fêtera la victoire du Hezbollah. » Mais j’avais moyen envie de fêter une victoire qui me flanquait le cul dans la baignoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au matin, j’ai bien essayé de sortir, mais les michetons dans les rues, m’ont dit « Niet » (les combattants de ma rue, appartiennent au parti communiste, allié du Hezbollah) et croyez le, eux aussi, inquiets pour ma survie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fin pourtant, j’ai quand même réussi à négocier mon départ (ainsi qu’un café) avec des gars d’Amal. Sans café, ma survie impossible. C’est ma ligne rouge perso, le café.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Sois chouette, tu travailles, non ? Moi aussi.&lt;br /&gt;- Mais c’est dangereux, tu ne peux pas traverser.&lt;br /&gt;- Et si je passe par l’arrière [chiite]? Et je repique sur Sanayeh [indéterminé] de biais pour rejoindre la rue Spir [sunnite] - mais en l’évitant - pour rejoindre Kantari (armée libanaise). Qu’est-ce t’en penses ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dubitatif, il a réfléchi 5 minutes:&lt;br /&gt;- Oui, c’est possible. Ahmed accompagne la Française jusqu’à Sanayeh. Après à tes risques et périls.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un ami de D. me prêtait son studio à Achrafiyé tandis que lui, druze et homo (mais c’est surtout le côté druze qui compte ici) remontait, autre réflexe grégaire, dans la montagne pour rester/aider auprès des siens. Comme c'était un coin, Aley, où ça tapait sec entre Druze de Jumblatt et Hezbolliens, j'étais pas loin de penser aussi, qu'il remontait pour se battre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La montagne druze où justement, le Hezbollah enverrait ses hommes, avec certes en premières lignes quelques autres druzes–alliés (vous suivez ? des Druzes donc aussi, mais d’un mouvement de l’opposition). Histoire que ça ressemble pas complètement à un conflit ethnique.&lt;br /&gt;Le Hezbollah envahissant la montagne parce que trois de ses combattants avaient été découpés à la machette dans un préalable exquis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrivé à Achrafiyé, de me savoir sortie des griffes du Hezbollah, ça a complètement calmé César. Il m’a bien câliné d’un « Ah te voilà ! », façon Marcel Pagnol et le retour de la Pomponette. Mais de lit nenni. Et j’ai dû attendre 4 jours pour qu’il me rappelle, cinglant de sa voix traînante sublime, mes atermoiements d’un : « Nanooooooouuuuu, mais pourquoi tu m’appelles pas ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors je suis rentrée dépitée dans mon quartier. Les commerçants ont rouverts, Amal et le PC libanais (ainsi que la garde d’un leader non identifié surl'axe de sanayeh) planquent leurs armes, justes des pistolets aux hanches et des talkies-walkies en bandoulières. On se dit : « bonjour Kifek/kifak », le plus naturellement du monde. Et on attend. Quoi ? La reprise des combats, le retour au statu quo ou la démission du gouvernement. Rien d’autres. Rien de moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-8673036631038215473?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/8673036631038215473/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=8673036631038215473' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/8673036631038215473'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/8673036631038215473'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/05/du-cdre-ou-de-la-fleur-de-chou.html' title='Du cèdre ou de la fleur de chou ?'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-4748251996113161120</id><published>2008-05-08T07:09:00.000-07:00</published><updated>2008-05-08T08:08:44.647-07:00</updated><title type='text'>d'une tendance consumériste</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Depuis une semaine, je ne sors plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous allez me dire, Meskinah, (« la pauvre »), coincée qu’elle est dans un pays à « l’instabilité chronique », entre les désirs contradictoires des grands (Américains et Arabie Saoudite VS l’axe irano-syrien satanique) de ce monde et de leur pétrole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même peut-être avez-vous suivi un rien les infos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous savez alors notre récente explosion de liesse : une grève générale, pour faire pression sur le gouvernement afin de l’obliger à augmenter le salaire minimum.Une manifestation "sociale" qui se transforme en grande Rev-party politique du Hezbollah et de son petit frère en déliquescence, le mouvement Amal, avec quelques très beaux exta-Katiousha en prime.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Beyrouth, ville fermée, ville assiégée, l’armée et les Forces de Sécurité Intérieures (FSI) patrouillant en grande tenue tandis que la « route de l’aéroport », l'aéroport lui-même, se trouvent bloqués par le Hezbollah en échange d'une négociation avec le gouvernement dont les tenants et aboutissants ne sont pas encore très clairs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoi veut-il, le Hebz? Qu'on lui foute la paix sur son réseau de communication ? Qu'on file enfin un salaire minimun décent aux travailleurs libanais ? Ou plus large, l'accord pour l'élection présidentielle toujours en stand by?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bareffsh ("j'en sais rien") Mais il a encore une nouvelle carte en main. Et celle-ci, il ne la doit qu'à l'incurie diplomatique des autres (avec en égérie combattante, Walid Jumblatt, Roi des gaffes et des coups tordus, ou post La logique des choses).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, si j'étais lui, et parce que sa démonstration de force a suffisamment été éloquente (si vous n'aviez pas pigé, là c'est fait : "Ce que Hezb veut, Hezb obtient" ou quand "le Heb débarque, les autres se carapatent") je me retirerais de l'aéroport.&lt;br /&gt;Le fait du prince, le geste de grâce sublime qui, encore une fois, sauverait le Liban de ses pires penchants fratricides. Mais je le crains... Son discours d'aujourd'hui en forme de déclaration de guerre à qui "voudrait l'attaquer"...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais non, mon coup de blues n'a rien à voir avec la barbe de Nass'.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je ne sors plus.&lt;br /&gt;A part avec des femmes, si possible sunnites parce que recommandées par mes amis palestiniens, je ne sors plus.&lt;br /&gt;Lesquelles, bien sûr, de femmes me disent : « Tu connais le clan XXX ? C’est nous. 10 000 hommes au minimum. Non ? Bien maintenant, tu as aussi un réseau ici (« wasta »), au Liban »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ya Allah. 10 000 hommes en réseau ? Je vais mourir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car si je refuse de sortir, ayant fait silence aux (quelques) propositions, c’est qu’elles émanaient toutes de Libanais plus ou moins célibataires, en béatitude de chair et canonisation en cours de leurs précieux attributs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Serais-je en train alors de me draper dans ma fierté ? Un genre de : « Moi, on ne me drague pas!», intense tout autant que ridicule ? Mais ce n’est pas cela qui me pousse à nidifier dans mon appartement vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est bien plus la sensation d’une sauvagerie intense, et pour tout dire, brutal des hommes, des femmes et des relations entre hommes et femmes ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme dit Julie, une consoeur :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ici, par moment, t’as l’impression de vivre dans les années 80.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ajouterai même si, elle comme moi, n’avons pas connu cette époque, mais pour des raisons différentes (elle bébé ; moi concubinante)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- L’impression, oui, d’être dans un roman de Houellbecq. "Les particules élémentaires", totale explosion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, il suffit, à Beyrouth, dans le centre ville (même bouclé), d’un seul regard d’homme, presque insignifiant, presque léger, comme passant, effleurant la courbe de vos hanches, pour qu’aussitôt vous vous sentiez un morceau de viande, crocheté aux désirs du boucher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je veux dire, et bien que, je l’admette, j’ai quelque problème avec le regard des hommes, que la seule hypothèse qui se profile, avant, pendant, après la rencontre – le regard- est celle du désir à l’état brut. De l’envie, de l’appétit sexuel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et encore. Parfois, n’ai-je la sensation que d’un automatisme de consommation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas de désir en fait. Juste une habitude consumériste. Un genre d'addiction sans motif, sans explication.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bien que les Libanais ne pratique pas cette coutume égyptienne, à chaque coin de rue, j’ai l’impression d’entendre « le chteu…chteu » égyptien, siffloté entre les dents, censé signifier l’intérêt ou, à tout le moins, le cul/le con, les deux (Inch Allah bass ektir Haram) sur jambes se baladant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ayant vécu dans d’autres sociétés du Moyen-Orient, ayant même survécu en France, cette sensation de dégoût qui me prend quand je sens cette « insistance » se scotcher à ma croupe, est somme toute, je l’avoue, nouvelle pour moi. Du moins pas, at least, dans ces proportions-là. Non, quelque chose d’autre, de plus lourds en même temps que plus frontal, qui me pousse de nouveau à m’interroger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, un certain nombre de Libanaises considèrent le modèle de la chanteuse Haïfa (au demeurant de beauté sublime à mon sens, mais seulement sur scène. Le « boussel wawa » de son clip légendaire, ou «j’embrasse tes bobos », dont je ne saurais trop vous recommander le visionnage) comme un possible réveil matinal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et face à l’armoire de leur chambre, ces jeune-femmes s’interrogeant innocemment : « Tiens, comment vais-je m’habiller ce matin pour aller boire un ness’ avec les copines ?» considèrent que des talons de 12 cm scintillant au soleil, la jupe ras la moule, et la chemise échancrée sur une poitrine retravaillée aux ciseaux fait partie de la nana attitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi-même,ô honte, alors que les heurts se faisaient pressants dans le quartier de la Corniche, entre les gugusses d’Amal et les autres du courant Hariri, moi-même en plein shopping, cédant à une paire de sabot à talons vertigos sur lesquels désormais je promène ma croupe altière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais d’où tout cela vient, justement ? Cette façon de se cambrer aux désirs des hommes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’où ça vient, que même moi avec ma ridicule poitrine 75 A, j’en vienne à me retrouver avec des marlous accrochés aux tétons ? Hein, vous pouvez me dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai cru à une sorte d’universalité d’un renouveau patriarcal (post 1 ou « Anastasia mondialisé»). Enfin, quand je dis renouveau… Bien trop intello, soeurette, l’explication, bien trop. Encore une fois, César m’a remise en ligne :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu sais ici, y’a beaucoup de filles…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a raison, l’enfoiré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà, y’a pénurie. Tout simplement, sur le marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une conséquence de la guerre civile : le départ des Libanais, partis chercher, une survie ailleurs. Dans un pays moins fou, ou peut-être, juste aussi plus réactif en matière de marché de l’emploi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les femmes, elles, restant (plus) au pays. Les voilà avec un panel moindre. Du coup, à se déhancher la croupe voire quand le taux d’emploi (mariage) s’effondre, à se positionner en levrette, pour tenter le jeu de l’attirance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme déjà passablement guerrier (ces dures années de luttes pendant la guerre civile), désormais en plus SOLLICITES intense pour fonder une famille ? Ya Bayé…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui-même, l’Homme Libanais, n’ayant nul désir, pour une majorité d’entre eux, de se laisser happer par les emmerdes, laissera tomber toute prétendante sérieuse/romantique pour se contenter a minima de sexe, de ce point vue, plus soft, plus doux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un coup de pénurie, voilà tout simplement, qui nous pousse, nous, femmes, à nous découvrir les épaules, les seins, le cul…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi à m’enfermer, incapable, que je suis à survivre au regard des hommes libanais.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-4748251996113161120?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/4748251996113161120/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=4748251996113161120' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4748251996113161120'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4748251996113161120'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/05/dune-tendance-consumriste.html' title='d&apos;une tendance consumériste'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-4156747453211894490</id><published>2008-05-08T07:08:00.000-07:00</published><updated>2008-05-15T01:19:35.885-07:00</updated><title type='text'>la logique des choses</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aujourd’hui (enfin, plus tout-à-fait, j’ai tardé à blogger, mea culpa) c’est Yom hatzamaout chez les juifs, le temps d’une pensée pour les âmes perdues de la Shoah.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis sans doute la seule dans tout le Liban à le savoir. A part peut-être, la direction du Hezbollah qui, j’imagine, en ces temps de tensions sub-régionales/intra-libanaises, se tient au courant des mœurs de l’ennemi. Et puis, entre grands croyants, on est toujours respectueux des commémorations des autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai allumé une bougie dans mon appartement vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand je suis en Palestine. En général, y’a toujours un moment, où mes copains palestiniens me disent : « Le marsoume (mot Hébreu, passé en Palestinien pour désigner, l’Hajez arabe, soit le « check-point»qu’en bonne Française de Tunisie, je traduirais d’un très circonspect « barrage militaire israélien»), le marsoume donc est bloqué, fermé. On ne peut pas sortir. Quelle bande de connards. Y’a aucune raison : pas d’attentats, rien qui justifie, ces enculés. Ils veulent juste nous faire souffrir. » (« enculés planétaires », en Arabe, ça se dit « (ya) maniaks », le « ya » pour accentuer, mais l’insulte est vite aussi passée en Hébreu, comme beaucoup des insultes en Hébreu. )&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mes potes à qui je réponds, après un instant d’intenses hésitations tout de même, pas tout le calendrier religieux intergalactique dans la tronche : « C’est pas Pessah, Rosh Haschanah, Yom Kippour, Pourim, Soukotte… cette semaine, au fait ?» (Vous pouvez choisir, y’en a une toutes les semaines) Et, souvent ça coïncide, les Israéliens fermant les « Territoires », sans prévenir. Comme si, de l’occupation, on devait aussi apprendre les fêtes religieuses juives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou alors quand je me promène dans les colonies, les colons juifs (pq'il y a aussi des colons arabes maintenant, crise sociale oblige) qui me disent « Les Arabes (ils ne disent jamais Palestiniens), c’est des fous, Tenez, hier, ils ont tiré en dansant sur les toits alors que nous fêtions les morts de l’attentat X. Quel être humain pourrait faire ça ? » Et à qui, toujours d’une infinie patience, bien qu’avec les colons, je la perde très vite ma patience, ainsi que, mais chut, ma déontologie de journaliste: « Oui, mais hier ; c’était le résultat du Bac. Donc si les Palestiniens tirent, c’est pour fêter la réussite de leurs enfants. Pas spécialement (et bien que, pendant la première guerre d’Irak, ce fut le cas) pour danser sur les Katioushas vous tombant sur la gueule. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà c’est  la logique des choses…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyez, par exemple : je lis au petit matin que le représentant de l’Internationale socialiste auprès de Parti socialiste Français de surcroît, irano-quelque chose, s’est fait kidnapper cinq heures durant par des Hezbollah sur-armés alors qu’il prenait en photo une mosquée sur la route de l’aéroport en compagnie d’un ami.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lors de la conférence de presse, l’individu fortement choqué, assurent les médias, se tient en compagnie du leader druze Walid Jumblatt (membres de la tendance au pouvoir du 14 mars) qui est parvenu à faciliter sa libération.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà pour les faits&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais si j’y applique ma parano levantine. Cela donne plutôt :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un représentant de l’Internationale Socialiste… hum, il fut un temps, pas si lointain, où cela signifiait en mode tatouage indélébile : attention, petit espion assermenté.&lt;br /&gt;Irano-quelque chose de surcroît ?  Là, ça pue carrément, le marlou effiminé&lt;br /&gt;En compagnie d’un ami (homo?) shootant des mosquées sans aucun intérêt esthétique (phantasme ?) sur la très laide route de l’aéroport (fief du Hezbollah) ?…. Hum...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, tout de suite, j’imagine les deux z’espions-amoureux en décapotable Mercedes/BMW, couplet Carrera, à sillonner à toute bringue l’autoroute de l’aéroport, les lunettes de soleil sur le nez. Puis voyant une mosquée, même pas belle, alors que, quand même voyage professionnel super important, le barbouze se dit "Quelle est mignonne, cette mosquée, avec son minaret tout pointu." Puis s’adressant à son chéri (habibi) local : « Tu me prendrais pas devant ? Cela ne serait-il pas divin ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crédible, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’a aussi le problème Walid Jumblatt sur la photo de classe de remise des trophées. Que vient foutre notre Druze dans ce pataquès? Certes, l’homme et son clan maintiennent de très bonnes relations avec les Français. Surtout, il faut bien l’avouer, dès qu’il s’agit d’un coup tordu (dans le genre, sa récente dénonciation d'un réseau clandestin téléphonique, tenu par le Hezbollah, en est aussi un train beau coup tordu. Juste qu'il a pas mesurer l'impact: Jumblatt en train de faire basculer les quartiers de beyrouth, le Liban tout entier, en une guerre de tranchées). Alors le druze en sauveur ? Ou le druze en kidnappeur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça me rappelle d’ailleurs que mes dernières emmerdes sur les barrages israéliens c’est à un soldat druze que je les dois. Quand je vous dis qu'avec les druzes faut avoir une logique paranoïaque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, à défaut de n'y rien comprendre, j’écoute Dalida, (mal) chanter en Egyptien, au casque, depuis que des tirs de Kala ont raisonné, il y a une heure dans les alentours de mon quartier. Des tirs en l’air, rassurez-vous, sans doute lancés au ciel pour fêter quelque chose. Cela a fait « boum-touffe. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est à cela qu’on reconnaît que c’est une Kala et que c’est en l’air (même si cela tue tout autant que les tirs horizontaux voire sans doute plus, les balles redescendant quand même sur terre, même quand pourtant on les destine à ce "maniak" de Dieu divin).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand j’écris « boum-touffe », c’est qu’il y a comme une petite détonation sourde derrière le tir, même en rafale. Un son léger, un écho, qui permet de se dire que, d’une part, il s’agit d’une Kala (le modèle, là, je sèche) et d’autre part que ce n’est rien. Juste une démonstration de muscles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Ces crétins (mais lesquels ?, je ne connais pas assez le Liban pour les reconnaître aux tirs mais je suppose que c’est un coup des « Iraniens », les Hariri devraient, eux, être équipés en M16 américains, dans la "logique des choses"…) fêtent sûrement quelque chose. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maîtrisant plus ou moins les fêtes religieuses, faudrait-il que je m’investisse dans les fêtes guerrières ou laïques. On est certes à la veille du 1er mai, mais en quoi la fête du travail doit-elle justifier des tirs ? J’ai beau avoir le siège des Communistes libanais en bas de mon immeuble, je les vois mal mes ahuris commémorer via un si joyeux artifice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aurais-je sinon louper quelque autre fête religieuse ? La commémoration d’un Shahid quelconque ? Mais non la fête des Shahids de la presse, c’est pour mardi. Et des journalistes, surtout morts, normalement, ça tire pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une pensée pour Sami Kassir d’En-Nahar, dont j’aimais la pensée.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-4156747453211894490?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/4156747453211894490/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=4156747453211894490' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4156747453211894490'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/4156747453211894490'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/05/la-logique-des-choses.html' title='la logique des choses'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-7623774018870347635</id><published>2008-04-28T00:07:00.000-07:00</published><updated>2008-04-28T01:44:18.222-07:00</updated><title type='text'>du ridicule de la chauve-souris</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;César existe-t-il vraiment ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité ? Parfois, même moi, je me demande s’il a une autre existence que celle que je lui prête dans mes nocturnes ébouriffants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis des années, j’avance avec ce corps dont je ne sais que faire, ce corps qui a renoncé. Des années donc que je n’ai plus d’élans (l’homme-singe certes mais hygiénique, cf. posts précèdents) Mes pulsations de vie énuclées, perdues, je continue d’avancer cependant mais avec ce sentiment d’avoir été vaincue. Je connais bien trop la route désormais pour me laisser surprendre. Je connais trop bien les hommes, leur désir d’ouvrir le corps des femmes, d’en cisailler le don, pour me laisser prendre à ce rodéo ridicule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors oui, je me demande comment César, ce micheton, juste si divinement uggly/sexy, est capable de me faire monter au plafond sans même me toucher. Et pourquoi lui grand dieu ? Ya Allah !! Oui, je me maudis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça m’est tombé dessus dès que je l’ai vu. Direct, sans mesure ni graduation aucune (L’abstinence?) le corps pulsant en hauteurs vertigineuses, alors qu’il me demandait comment j’aimais mon café. « Avec amour » lui ai-je répondu, complètement hors propos. Il s’était tourné vers moi, un « ça serait pas plutôt sahadaaaaa ?» avec cette voix grave, l’accent traînant en final des gens de Beyrouth, qui a aussitôt bloqué ma respiration. César, il a un côté toujours pratique. Moi, un côté lunaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, récemment, il s’est rasé la tête, léger pas encore la boule à zéro (il est sublime l’été venu) et s’est laissé pousser un bouc qu’il caresse avec une régularité, selon moi, suffocante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    J’ai des cheveux blancs. Quand je drague des minettes, ça leur plaît mieux le côté rasé. C’est plus tendance, plus jeune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À n’importe quelle nana, dûment cérébralisée, la sentence Auguste ferait bondir une bonne dose de fiel, un genre de « Ben, vas te les niquer tes grognasses et fous moi la paix, connard ». Mais non, je suis toute douce avec lui, chose rare, un sourire niais aux lèvres et j’en profite pour lui mater les fesses tandis qu’il se ressert une Vodka Red Bull, sa boisson préférée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que voilà sa bouteille de Vodka est maintenant dans le placard du salon de mon nouvel appartement.  Vous pensez illico : « Ouawou, net progrès, la chose avance. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que nenni : il est juste passé voir l’appart' avant de rentrer chez lui se coucher. Il l’a bien aimé d’ailleurs, l’appart et aussi le canapé. Moi, cependant, accrochée au rideau, façon chauve-souris (j’ose la comparaison car, vivant désormais dans Harat el-Ouatouat, « le quartier de la chauve souris », près du jardin de Sanayeh, je puis au moins me prévaloir de leur grâce sublime) mais toujours aussi souriante et douce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    Garde-la Nanou, la bouteille, pour quand je repasserai. C’est sympa chez toi. C’est calme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un peu auparavant, il m’avait aussi dit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    T’es brave, Nanou&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Brave ? » Ce n’est pas comme à Paris certes, pas un synonyme à peine édulcoré pour «golemon intégrale ». Même si je ne peux pas m’empêcher de me dire qu’on en n’est pas loin, dans mon cas. À Beyrouth, le terme signifie plutôt un « t’es sympa. » (By the way, une paille pour boire son Coca, on appelle ça un chalumeau en Franco-libanais)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai des visions pince à épiler torturante, quand il le prononce le fatal « brave », (il le dit souvent). Je me verrais bien l’attacher à la chaise et lui arracher les poils du torse un à un (Il en a Danielle, vérifications faites) pour lui faire sentir mes possibilités sauvages également.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En début de semaine, et dans un SMS sibyllin, il m’avait bien proposé d’aller boire un verre, mais c’était plutôt pour son pote Léon, en rade de mousmés, qu’il en avait eu l’idée : une de mes copines italiennes de passage à Beyrouth lui semblait convenir. Comme mon Italienne ne pouvait pas, il avait juste annulé d’un « de toutes les façons, je suis vanné. » (Ne me demandez pas pourquoi il n’a pas songé à moi pour Léon et, bien que la chose me soulage, je suis en même temps, juste ce qu’il faut de « piquée au vif ».)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme il ne pouvait en être autrement : il m’a parlé de lui, de sa vie de César, hier au soir en sirotant ses multiples Vodkas Red Bull. Ça fait trois ans, maintenant qu’il est libre. « Pas de copines précises.» Juste 3-4 en permanence, qu’il a récemment réduit à deux, avec, il est vrai, quelques extras supplémentaires, en boîtes de nuit, soirées fiesta, ou juste une occase qui passe par son bar.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous y croyez vous à son trip roi du Zob ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Récemment, il s’est tortoré une Anglaise en douce. Une belle jouvencelle qui toute la nuit, et alors qu’en boîte, ils s’étaient déjà passablement testés leurs zones érectiles respectives,  avait passé son temps à le seriner d’un « I’ve got a boy-friend » tandis qu’il la sautait. Il n’a pas vraiment compris le rapport. Mais avec les Anglais(es), on ne peut pas comprendre grand chose avec eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    Parfois, je pense que pas de sexe, c’est mieux. Parce qu’à un moment, quand t’en baise une le matin et rebelote l’autre le soir, ça finit par te faire mal au cœur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    T’es sûr que c’est pas tout simplement au prépuce que ça tiraille ? (le Red Bull faisait son effet).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    Non, au cœur, Nanou, tu sais même plus pourquoi tu baises. En même temps, j’avais besoin de ça, je suppose. Tu vois, tout ça. Les nanas, le sexe, mon boulot. Ma vie. Et y’a quand même quelque chose qui manque. Vraiment. Je ne suis pas satisfait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, le César, il a toujours eu des histoires, genre une bonne moyenne, deux-trois ans que ça le tenait. Sauf quand il a renvoyé la dernière poule longue durée, là il a eu envie de s’essayer à peu près à tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me parle de la Thaïlande où il s’est fait quinze jours de vacances pornos à deux ou trois Thaï en trinôme par soirée. « C’est dingue, là-bas tellement c’est accessible le sexe. » « Tu les chopes en boîte, juste tu les invites, pas de question de fric entre elle et toi, même si je leur en ai donné quand même à la fin. Mais ce n’était pas demandé. » « Au Liban, des touzes, des deux filles/un mec, tu peux en parler avec les filles, mais dès qu’il s’agit de concret…Y’a plus personne. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je fantasme en permanence dans ma tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Thaïs, ça lui rappelle soudain qu’il a mal au dos et qu’il irait bien se faire masser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;N’importe qui, je suppose, verrait l’ouverture. Le « Je peux t’en faire un si tu veux. Je suis assez experte dans mon genre », qui me permettrait, au moins, de casser les délires phantasmants, pour me confronter à la réalité de son si délicieux Tafounah (du Tunisien, pur jus, un retour aux origines quand il s’agit de ses « fesses »). Mais, je dois être foutrement orgueilleuse, parce que passée après l’épisode Thaï, et ses régulières, ça ne me disait trop rien soudain.  J’ai beau être à l’image de la chauve-souris, d’un ridicule de taupe (mais sublime quand je vole dans la nuit), je vais tout de même pas lâcher mon orgueilleuse fierté en rase campagne pour un cramé du zob.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cela n’effaçait cependant en rien le tremblotement sismique, qui m’avait saisie dès qu’il s’est assis à environ deux nœuds marins de mes mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Y’a une Russe à Achrafiyeh qui masse. Je vais peut-être y aller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec les Russes, forcément tu penses sexe, prostitution. Mais il me dit que celle-là c’est une pro (des massages) elle ne fait pas de descente d’organe a posteriori.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    Une fois, je suis allé à Hamra me faire masser. Au bout de cinq minutes, la nana me demande si c’est vraiment un massage que je veux. J’étais pas contre une turlutte en final. Mais ça m’a coincé qu’elle me le demande aussi sec. Je me suis cassé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi César, il pose des questions sur Israël, sur le Hamas. Et, à mes réponses, ajoute :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-    Je ne suis pas borné. Israël… Tel-Aviv, ça doit être sympa. En même temps, il nous ont bombardé… Je ne pourrais pas. Tu sais qu’ils ont évité les quartiers chrétiens ? Mais cela ne change rien : c’est le Liban qu’ils ont pilonné. L’Hezbollah, ce sont eux les vrais résistants ici. Même si je ne veux pas vivre dans la société dont ils rêvent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand on parle à quelqu’un ici, on peut parfois craindre le pire. Je veux dire pas solo : « Et si on forniquait ce soir ? » qui peut t’advenir à peu près dans tous les coins de la planète. Mais en termes de vie, d’opinions politiques, d’affects sensibles. Ne serait-ce que dans un café, tant d’opinions contradictoires, d’origine (religions, politiques, régions, douleurs…) multiples et pour moi obscures, qu’il faut parfois toute ma paranoïa palestinienne, pour passer entre les tables et survivre. D’autant que l’esprit occidental, qui aime à cataloguer, va chercher ses petites cases à remplir. Un chrétien, qui plus est de la pire espèce, maronite ?  Un fou de Dieu épris du sang de ses adversaires. Un chiite ? Oh, la, la les flagellations hezbollatiques qu’il doit se tasser au moment de la commémoration de la mort de Hussein. Un vrai régal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’y échappe pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce que je tente là de dire, avec moults circonvolutions (mon côté oriental, tunisien, ne jamais aller directement au nœud coulant) c’est que, même  face à César, même assise dans mon canapé, je ne pouvais savoir si évoquer Israël (et les Palestiniens), c’était, par exemple, le blesser (partageant alors peut-être la ligne du général Aoun), le mettre en colère (merde, merde, et si plutôt tendance phalangiste ?) ou me griller définitivement dans tout Achrafiyeh.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A minima, j’ai aimé qu’il se pense Libanais (moi ayant souvent du mal à me sentir française, mais c’est une autre histoire). Qu’il avance « Achrafiyeh la banlieue, tu crois que c’est différent ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois, lors d’une de mes précédentes pérégrinations, discutant des réfugiés Palestiniens (revenant de Nahr el-Bared, le camp dévasté de Tripoli), avec un grand monsieur, éditorialiste de son état, d’un quotidien libanais francophone, lui-même peut-être dans la nostalgie d’un ancien monde : « A l’évidence, le » vivre ensemble » impossible, les communautés doivent se constituer en Etats indépendants quitte à vivre dans une structure confédérée. » Sachant pertinemment – et cela me faisait froid dans le dos – aussi, lui ce grand monsieur, amateur de golfe et de gros cigares, ce que cela signifiait en termes de sang à verser pour faire advenir son idée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A l’image de l’Irak, où les Américains, faute de rien contrôler (ou, au contraire contrôlant tout si j’écoute ma paranoïa palestinienne), ont choisi l’option ‘guerre civile’ pour mettre un peu d’ordre dans ce merdier arabe (la doctrine de « Tuez les tous, surtout les musulmans, et Dieu reconnaîtra les siens » des Evangélistes). L’idée d’une confédération libanaise où chaque communauté repliée pourrait alors se créer un univers à sa mesure n’est pas chose nouvelle. En grande mode, du temps déjà de la guerre civile libanaise où, malgré le sang des shahids ou des mardours (des hommes tués dans le dos, par leurs propres frères), nul n’est parvenu à la mettre en œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, oui dans l’au-delà de mes désirs incontrôlables, walla, en plus, le sieur César (ma mère l’appelle Oscar quand elle m’en demande de ses nouvelles) me devenait précieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand il est parti, moi le raccompagnant jusqu’à la porte de l’immeuble fermée et le soldat (un vrai celui-là en treillis, de l’armée libanaise, pas comme les gangs pro Hariri qui végètent aux alentours du quartier – chiite/arménien – où je vis désormais), le matant en douce, il m’a attrapé la joue, me l’a pincée avec un très très beau sourire. Il était heureux de ne pas s’être retrouvé en slip dans ma piaule. Enfin, je crois. Cela lui avait fait du bien, juste ces 3-4 vodkas sur mon canapé. Ma chique douloureuse ? Un geste de tendresse, une sorte de caresse, en même temps que de remerciements. Ou d’un désir, si rapidement esquissé, dont la renonciation lui plaisait ? Ou alors rien ? J’ai peut-être encore rien compris du pays et des hommes : mon côté watawette (« chauves-souris » au pluriel) sans doute.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-7623774018870347635?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/7623774018870347635/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=7623774018870347635' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7623774018870347635'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7623774018870347635'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/04/csar-existe-t-il-vraiment-la-vrit.html' title='du ridicule de la chauve-souris'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-275488684382458790</id><published>2008-04-24T06:58:00.000-07:00</published><updated>2008-04-24T07:07:27.661-07:00</updated><title type='text'>Cunni velu ? Mafih... 2nde partie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Assise sur le canapé d’un autre A. (sans la même relation que le Roi singe), cette fois Libanais et tandis que Hamida termine son ménage dans la cuisine (lui-même, absent, travaillant, il me passe ses clefs pour que je fasse ma lessive), je réfléchis. Et, à l’image d’une Sex &amp;amp; the city orientalisée, moi, posée, en jean moulant/taille basse et tee-shirt noir, mes lunettes œil de mouche dans les cheveux tandis que Hamida n’a pas même quitté son voile à l’intérieur, je m’interroge sur la signification de mon épisode grand velu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis née dans un pays Arabe. J’ai grandi presque toujours entourée de musulmans. Autant dire que l’initiation au mode d’épilation caramel a vite été réalisée. Quant à me pourlècher d'un sexe d’homme à la gangue dénudée, il y a de cela longtemps que cela n’émerge plus sur la liste de mes exploits. J’ai même pour ceux, Français, qui ignorant tout des pratiques orientales, des persuasions doucereuses, les ciseaux jamais très loin, comme pour les inviter à se complaire à mon idéal (car derrière, à l’instinct, je pense: "s’il ne fait pas même attention à l’hygiène de ses aisselles, alors de quoi le reste est-il composé ?")&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est quand j’arrive au Moyen-Orient que tout change. A ce moment-là (et sans qu’il y est de rapport particulier entre les deux, enfin si en même temps : religion et poils faisant mauvais ménage) j’ai besoin, un vrai besoin, de deux éléments pour me réapproprier mon espace et le sentir carillonner à mon corps intime. L’appel à la prière du Muezzin (c’est limite si je ne vais pas prier, en fait, je le fais quand je suis à Jérusalem sur Haram al Sharif) et un passage tonte intense.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et voilà que m’interrogeant toujours, je fais enfin le lien : en terre d’islam, le système pileux est tantôt virilité assumée, gloire au Divin (la moustache ou la barbe) en même temps que souillure honteuse (le pubien, les aisselles).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la femme, au-delà d’une pratique purificatrice, qui l’entraînera à se totalement déplumer des sourcils jusqu’aux jambes, son acte sans doute vise-t-il aussi à la distinguer de l’homme –reconnaissant ainsi sa différence implicite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tonte alors relève aussi d’un artifice de séduction. Peut-être même, je me le demande, comme une sorte de virginité enfantine réitérée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là où le bât blesse c’est que le A. palestinien, point musulman pratiquant mais conservant l’édulcorant des rituels sociaux, ne songe pas à l’impudeur qu’il y a à dire, quand posant, debout, en Dieu singe réincarné, « non vraiment, je ne peux pas. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens encore d’une de nos conversations avec Salim, dont la femme voulait divorcer, pour, de prime abord, de mystérieuses raisons, et qui, au final, me disait que : non, il y avait des choses qu’il ne pouvait pas faire. Et moi lui rappelant qu’en Terre d’islam (officiellement au moins) la femme peut demander le divorce pour sa non-satisfaction sexuelle. Qui me répondait : « Mais ça ?…Non, le prophète ne peut pas avoir souhaiter pareille chose. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le peu pourtant que je sais du prophète et de la religion musulmane, c’est que si elle ordonne la purification des corps pour se tourner vers Dieu, elle est aussi d’une sensualité à nulle autre pareil, ravaudant les chrétiens au rang de pauvres bigots arriérés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le dégoût de certains hommes d’Orient pour le plaisir féminin, je n’ai alors guère de réponse. Sauf à encore et toujours considérer, là encore, l’universalité de la domination masculine sur le corps de l’Aimée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;color:#0000ff;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;div&gt;&lt;span&gt;&lt;span style="font-family:Arial;font-size:85%;color:#0000ff;"&gt;&lt;script&gt;&lt;!-- D(["mb","\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e \u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003eAvec \nla distance, même si je sais ne pas être le seul destinataire de tes messages, \nj\u0026#39;en veux à ce cher César dont je finirai bien par être jaloux! Mais que \nfait-il? Il ne comprend donc rien?\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003e\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e \u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003eN\u0026#39;hésites surtout pas à envoyer tes textes qui sont un vrai bonheur. Et \npuis, ça permet d\u0026#39;avoir de tes nouvelles.\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003e\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e \u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003eJe \n\u0026#39;embrasse.\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003eAlain\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" color\u003d\"#0000ff\" size\u003d\"2\"\u003e\u003c/font\u003e\u003c/span\u003e \u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cspan\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" size\u003d\"2\"\u003eAlain Lebaube\u003c/font\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" size\u003d\"2\"\u003e\u003ca href\u003d\"mailto:a.lebaube@noos.fr\" target\u003d\"_blank\" onclick\u003d\"return top.js.OpenExtLink(window,event,this)\"\u003ea.lebaube@noos.fr\u003c/a\u003e\u003c/font\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" size\u003d\"2\"\u003e01 44 75 33 69\u003c/font\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" size\u003d\"2\"\u003e06 09 38 84 29\u003c/font\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cdiv\u003e\u003cfont face\u003d\"Arial\" size\u003d\"2\"\u003e05 65 30 20 97\u003c/font\u003e\u003c/div\u003e\u003c/span\u003e\u003c/div\u003e\n\u003cblockquote dir\u003d\"ltr\" style\u003d\"margin-right:0px\"\u003e\n  \u003cdiv dir\u003d\"ltr\" align\u003d\"left\"\u003e\u003cfont face\u003d\"Tahoma\" size\u003d\"2\"\u003e-----Message d\u0026#39;origine-----\u003cbr\u003e\u003cb\u003eDe :\u003c/b\u003e muriel rozelier \n  [mailto:\u003ca href\u003d\"mailto:muriel.rozelier@gmail.com\" target\u003d\"_blank\" onclick\u003d\"return top.js.OpenExtLink(window,event,this)\"\u003emuriel.rozelier@gmail.com\u003c/a\u003e]\u003cbr\u003e\u003cb\u003eEnvoyé :\u003c/b\u003e lundi 7 avril 2008 \n  08:40\u003cbr\u003e\u003cb\u003eÀ :\u003c/b\u003e \u003ca href\u003d\"mailto:mrozelier@free.fr\" target\u003d\"_blank\" onclick\u003d\"return top.js.OpenExtLink(window,event,this)\"\u003emrozelier@free.fr\u003c/a\u003e\u003cbr\u003e\u003cb\u003eObjet :\u003c/b\u003e ANASTASIA \n  MONDIALISEE\u003cbr\u003e\u003cbr\u003e\u003c/font\u003e\u003c/div\u003e",1] );  //--&gt;&lt;/script&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-275488684382458790?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/275488684382458790/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=275488684382458790' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/275488684382458790'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/275488684382458790'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/04/cunni-velu-mafih-2nde-partie.html' title='Cunni velu ? Mafih... 2nde partie'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-7719726039679108675</id><published>2008-04-24T06:48:00.000-07:00</published><updated>2008-04-24T06:58:38.589-07:00</updated><title type='text'>Cunni velu ?  mafih 1ere partie</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On skypait tranquille avec F. Lui au Caire ; moi à Beyrouth. Il revenait d’un reportage sur une léproserie du Caire (sic); moi d’un RDV avec un banquier d’affaires libanais… Alors, c’est peut-être pour ça qu’on a vrillé. Entre nos lépreux respectifs, un besoin de respirer fissa fissa, de se désosser les neurones en profondeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ton blog ce n’est pas mèche-mèche que tu aurais dû l’appeler. Mais : « Mish lèche-lèche. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, bien sûr, toute à mes premiers cours d’arabe, je ré&lt;span style="display: block;" id="formatbar_Buttons"&gt;&lt;span class="on" style="display: block;" id="formatbar_JustifyFull" title="Justifier" onmouseover="ButtonHoverOn(this);" onmouseout="ButtonHoverOff(this);" onmouseup="" onmousedown="CheckFormatting(event);FormatbarButton('richeditorframe', this, 13);ButtonMouseDown(this);"&gt;&lt;img src="img/gl.align.full.gif" alt="Justifier" border="0" /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;ponds dare-dare :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Chou ayda ? Ou pour être plus fidèle au Masri (Egyptien) de mon copain : Chou ada ? Bref, en bon  Français, ça donne : « C’est quoi ça ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lèche ? signifiant l’interrogation (au moins en Palestinien, Je sais plus en Egyptien) : alors quelque chose comme :  « Pas de pourquoi-pourquoi ! »&lt;br /&gt;Ça pouvait coller. Mon refus de la grande politique, des aléas explicatifs d’une « situation », d’un « conflit », selon la terminologie journaliste consacrée (associés aux sacro-saints «Comment en est-on arrivé là ? » et de son corollaire« Comment sortir  de la crise ?»), ce tout stérile renvoyé aux nébuleuses donc en un « mish lèche leche ! » hautain tout autant que vengeur ?  Cela me plaisait bien. Mais point du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben oui, justement, m’écrit-il sur le Skype Messenger, à parler d’abricot, le problème immense, l’incommensurable tabou (il parle merveilleusement le Français, F.), c’est bien que personne ne te le lèche, ton foutue mèche-mèche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai eu, je dois dire, un instant d’hésitation. Parlait-il du mien ? N’était-il pas en train de me signifier que, faute justement d’un micheton à me courir intense, je me pignolais chouya les neurones sur les histoires des autres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Mais non. Le propos, plus essentiel, demandait juste à être développé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- C’est total délirant, m’écrit-il donc. Pas un putain de mecs qui veut plonger le nez dedans ici. Une question de poils, je crois. Mais même sans poils, ces putains d’Arabes, ils hésitent. Le tabou à l’état pur. Alors, du coup, y’a pas une Egyptienne qui veut te sucer. Une guerre de tranchées, tu vois ? Comme on n’arrive pas, de toutes les façons, à baiser dans ce putain de pays à la con, autant te dire que c’est totale ceinture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naturlich, je lui  colle un smiley illico. Celui qui veut dire « mort de rire grave. » J’en ajoute même un, pour bien lui faire comprendre que là, ma montée jubilatoire, je suis en train de me la choper grave en fusionnel.  J’en choisis un gentil mais efficace, le « Roll on the floor », une espèce de poux jaunâtre qui dodeline en 3D (y’a pas de « smiley cul » dans le listing disponible, ni d’ailleurs de « smiley César ». Ça manque terriblement, un genre de truc, à l’image de mon Don Juan, un peu épais, uggly/sexy, grimpatouillant dans le vide de la Toile immense en une multitude d’aller-retour vertigineux…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;F. me dit que, lui, ça fait  un an qu’il n’a pas tiré sa crampe, « Queud vraiment » à part des petits bécots. Des fiançailles rompues, il y a un an. La famille de la jeune femme – tendance nouveaux riches qui grandirent sous l’influence de Moubarak et de ces nouveaux copains, les Amrikimlis -  ne voulait pas de ce nécessiteux, pourtant fils d’un grand écrivain égyptien. La richesse intellectuelle ne pesant, il faut croire, plus grand chose au regard de la puissance du flouzze.  F. vivant quand même à Choubra, dans ce qu’en Français et, avec une certaine élégance précieuse, on nomme un « quartier informel. » Bref un bidonville. Enfin moi, en même temps, j’aime bien Choubra. J’y trouve comme la forme inconsciente d’une ville, le fantôme d’une médina, mais ravagée, pulvérisée par l’urgence des hommes à survivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant que F. insultait la terre entière sur Skype, se défoulant de ce mektoub de merde qui l’avait fait naître Egyptien (en même temps que très fier, conscient de porter une culture s’effilochant, à son sens), voilà que ça me revient mon épisode poils à moi. Mon expérience velue. Et je me dis, que oui, mais oui pourquoi diantre n’avais-je pas fait le rapport ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entends déjà les écoeurements de quelque uns de mes camarades, de ceux-là pour qui, déjà, en soirée beuveries, imaginer la faisabilité d’un cunni, relève d’un impossible expiatoire. Plutôt les charniers au Rwanda. Mais alors là d’un cunni  à poils ? Mish monkem, la, la, la.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moi, cependant je n’imaginais rien – du moins pas cette problématique-là, guère encore cette anthropologie du rapport au corps au Machrek - quand, il y a deux ou trois ans, A. me téléphona pour boire un verre chez lui à Naplouse (au Moyen-Orient, en généralisant, accepter une telle invitation au soir, revient à accepter le « coucouche panier » ultérieur), ben, voilà, j’avoue, j’ai dit oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A., c’était pas vraiment César. Un rien minuscule, de ce genre homme à talonnettes (il me rappelait le proxo de ma tante, c’est peut-être pour ça que finalement j’y suis allée), mais d’une intelligence vivre. Au moins, ai-je pensé, la soirée promet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle a promis.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car une fois qu’on en a eu fini avec la situation politique de la Palestine, de la guerre Hamas/Fatah (« les mêmes avec une barbe »); d’un commentaire savant sur les sources du sionisme, et du livre d’Abraham Burg (« Defaiting Hitler ») sur la société israélienne, on s’est quand même retrouvé à poils dans sa piaule ultra-froide (y’avait plus de gaz à Naplouse, les Israéliens ayant bloqué le ravitaillement) à méchamment se peler nos teezes (« fesses ») dénudées tandis que le boum-pouffe des obus israéliens approchant nous servaient de fonds musical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’homme cependant à «la vive intelligence mais aux talonnettes compensatrices » se montra, nu, sous le déguisement du roi singe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y’en avait partout, dans le dos descendant, sur le torse montant. Partout, sauf…. À l’entre-jambe.La chose rasée, épilée, que sais-je, "lasérisée", mais d’un blanc laiteux, luminescent dans la nuit ravagée de Naplouse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces cas-là, en général, c’est, comme avec les ordinateurs, y’a une option back up : courir à la salle de bain, dire, « Oh mon dieu, j’ai trop bu d’Arak (whisky/bière/vin, selon la région du monde). J’ai la tête qui tourne. Je vais peut-être rentrer. »&lt;br /&gt;Sauf qu’on n’avait pas bu d’alccol (la vente d’alcool est interdite à Naplouse par les gangs des brigades Al-Aqsa) et que, par ailleurs, en pleine incursion israélienne sur la ville, sortir signifiait tout de même des problématiques plus existentielles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors entre les poils palestiniens et les chars israéliens… Oui… J’avoue… J’ai choisi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’histoire, en soi, pourrait prêter à un sourire doucereux et presque conciliant sur cette pauvre Nanou en goguette, s’il n’y avait une suite. Car, au cours de la joute, voyant A. négligemment évité ma propre zone sismique, je lui quémandais une descente aux enfers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa réponse ? Elle vaut, je crois, sa tonne de cacahuètes et je vous le donne, sans l’ombre d’un ajout ni commentaire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«  Non, vraiment. Je ne suis pas prêt psychologiquement. Jamais tu t’épiles ?»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-7719726039679108675?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/7719726039679108675/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=7719726039679108675' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7719726039679108675'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7719726039679108675'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/04/cunni-velu-mafih-1ere-partie.html' title='Cunni velu ?  mafih 1ere partie'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-2935285361223369841</id><published>2008-04-22T00:57:00.000-07:00</published><updated>2008-04-22T02:19:09.029-07:00</updated><title type='text'>COMBLER L'ATTENTE</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voilà, le matin s’annonçait merveilleux. Le ciel bleu, la mer, sa frange languide, qui m’attirait. La mer m’attire toujours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je passais prendre un Nescafé, dégueu et trop sucré, chez l’épicier qui, chaque jour, essaie, avec une régularité suffocante, de me grappiller 250 à 500 livres. Et chaque jour, je le regarde, fichant droit mes grands yeux bleus, couleur de soir d’orage sur la Bretagne, dans les siens. Il déteste (« une femme normalement ne fait pas ça.») J’adore le gêner. Mais, là, en plus, ce matin, il me dit : « Today, it’s the war. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pointant le ciel du doigts, et ainsi désignant l’ennemi intime, « zioniste », cela va de soit, Israël. « Emjaad ?», répondis-je, pas encore réveillée et le maudissant pour la dose de sucre que, malgré mes recommandations expresses « bidune sucar », l’infâme m’avait encore collé dans le gobelet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans doute essaie-t-il de détourner mon attention de la « fatrah » (la monnaie) due. Ce n’est pas sa faute, voyez-vous, juste Israël dans le ciel, qui fout nos vies en l’air. Rien de nouveau là-dedans. Hier, et alors que je m’apprêtais à aller me transformer en homard bikini, au Sporting Club de Raouché - la piscine des gens huppés de Beyrouth (20 000 lires l’entrée)-, Z. me confirmait également comme ça, l’air de rien : « Un haut responsable de l’ambassade de France assure que la guerre est pour aujourd’hui. » Même réponse: « Un dimanche ? Vraiment? Hum, intéressant », susurrais-je tout en mouillant mon nez dans la crème de l’expresso.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le soir cependant, total rougeoyante, irradiant de ma journée à la plage, je paniquais beaucoup plus en apprenant qu’à Zahlé, la ville chrétienne de la Bekaa, des partisans du général Aoun, (alliance strictement intéressée/monnayée du seigneur féodal du coin avec Aoun) avaient dézingué deux phalangistes (chrétiens également, pro-Gemayel, vaguement dingues comme tous les Phalangistes-Kataëb, associés au clan du 14 mars, soit Hariri et consorts, pfutt, c’est dingue ce qu’il faut de mots pour signifier à peu près les choses ici. Et, encore, je n’ai pas fini, faut aussi donner le contexte : Amine Gemayel s’est, en effet, fait niquer sa race grave par le général Aoun aux élections lors d’une partielle dans la région du Metn. D’où une certaine rancœur…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que là, on n’est pas du tout dans le phantasme mais dans « le prix du sang » que Zalhé va devoir payer inévitablement… Si les coupables n’étaient pas rendus à la justice… Autant dire pendus haut et fort. On est comme ça à Zahlé. Et, pour l’heure, l’affreux criminel, un ex pro Syrien, en mauvaise posture, sur lequel le grand féodal de Zahlé, Elie Skaff, avait porté sa protection chevaleresque (genre : « vous touchez un cheveu de sa tête, je vous nique la gueule ») est aux abonnés absents. Skaff tardant encore à se dédire de sa promesse. Qu’est-ce que deux morts (des phalangistes qui plus est) au final au regard d’une protection donnée ? Que voulez-vous, on est comme ça à Zahlé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, chaque jour, plus encore que le précédent, je me rappelle le livre de Julien Gracq, « Le Rivage… »&lt;br /&gt;L’attente sexuée, cette fascination instinctive, pour les « barbares » dont les ombres évanescentes encore, croyait-on, se rassemblaient à l’horizon du monde, au bord / précipice – l’Ultima Thulé - même de la civilisation. L’attente soudain comme un bonbon acidulé dont on croquerait la vive blessure, sa glace transperçante, à l’ultime instant.&lt;br /&gt;(Je me la joue intello. J’aurais pu tout aussi bien citer le passage du Seigneur des anneaux de Tolkien avec l’armée des ombres se rassemblant aux marches des pays de l’Est… mais ça assurait moins)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car, de même, quand je Skype ou e-mail Israël, mes copains, outre qu’ils veulent tout savoir des mœurs du Liban (c’est promis Danielle, le post sur les poils « L’hommes descend du singe et les Libanais en sont encore très proches » arrive) glissent toujours une petite phrase sur : « Dans le Yediot, ce matin, un expert militaire israélien affirmait que le Hezbollah se préparait à une attaque contre Israël. Fais attention à toi. De te savoir dans ce pays de fous…»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans imaginer la moindre seconde que mes amis Palestiniens, Libanais, Egyptiens… Dès que je fais retour à Jérusalem Ouest, me téléphonent presque chaque jour, inquiets, de ce qui pourrait bien m’arriver dans cet autre pays de dingues, Israël.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le ciel pourtant toujours vide des F16 et du boum-boum de leur passage sonique…&lt;br /&gt;Le Hezbollah n’ayant annoncé, pour l’heure, en termes de Djihaad atrophié, que l’augmentation des doses de Haschich et de drogues dures à destination de la Terre Sainte. Gentil, non ? Cela aidera à la destruction intérieure d’une société, à ses yeux, forcément dégénérée.&lt;br /&gt;Croyez-vous cependant que si je lui annonce que, en général, ce sont les Palestiniens qui me demandent de rapporter de l’herbe d’Israël parce qu’impossible d’en trouver en Cisjordanie (sauf à négocier avec les mafieux des Brigades Al-Aqsa (Fatah/pro gouvernement Abou Mazen) - cela, mes amis se le refusent encore car ce serait pour eux « collaborer » (au sens Français du terme, de notre relation ambiguë avec les « heures sombres » de la deuxième guerre mondiale) - cela ferait réfléchir le Parti de Dieu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le sucre coulant dans mon sang et tandis que je chantonne une vieille « cantada » espagnol «como sofria por ella », remontant vers le quartier de Kantari, je réfléchis à cette relation amour-haine, construction sexuée d’un  ennemi dont la barbarie supposée attire, sublime chacun de nos gestes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui donnant une puissance, un sens, et pour tout reprendre un terme si cher à la langue de Julien Gracq et des surréalistes, une aimantation fatale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comprenez bien : il ne s’agit pas de douter du bien fondé d’un « combat pour… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je comprends parfaitement les Libanais qui, le regard tourné vers la frontière, hochent la tête et se disent que « Non vraiment, la paix est impossible avec Israël. » A voir comment l'Etat hébreu a si élégamment laminé le Liban en 2006, ses bombes à fragmentations retardantes toujours actives dans le Sud, y'a forcément comme un petit goût de rancune tenace.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je comprends, de la même façon, les Israéliens qui matant le turban grand guignolesque et la longue barbe (avouez qu’elle a de la gueule sa barbe, quand même. Ok, pas si sexy que celle de Ben Laden, mais...) de Nassralah, se disent, à leur tour que, faute de se débarrasser de ce dingue et de ses neo-mollahs, « Rien de bon ne pourra advenir. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais, dans ce désir qui monte en moi - quoi ? le sucre ? Ou cette pression lancinante d’un malheur terrible à venir ? -, je sens, dans chacun de mes muscles, le désir de mordre, de griffer… Oui, d’un besoin de violence, pour tout dire, qui viendrait libérer la pression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors, je me dis que, oui, nous sommes capables de faire advenir nos phantasmes collectifs. Créant l’horreur, lui donnant forme et substance, dans un besoin désespéré d’actions et surtout d’assouvissements. Ou pour paraphraser Gracq : combler l’attente face à un décor vide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Surtout, si j’ai appris quelque chose de ma pratique de reporter, (oh, la belle réputation que je me prépare-là) c’est que, dans un contexte de mort et de terreur, une seule envie en fin de journée vous lamine les veines, passages convulsifs, en permanence réitérés: exulter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et parmi les possibles… La violence ou le sexe en sont, ma foi…&lt;br /&gt;N’ayant pas les moyens encore de me négocier ma petite guérilla perso (mais j'y songe, suffisamment d'accointances avec la Sultah palestinienne pour espérer prochainement un arrivage de 4-5 body-guards testoronnés à Ray-Ban), je ne vois que le débridement des corps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes, la chose parfois très compliquée à mettre en oeuvre dans cette partie du monde (pas au Liban cependant, où, justement, tout est sexe sauf César qui, las, rien ne voit) mais, somme toute, avec un rien de bonne volonté et un zeste de planification rusée, à la porter de la première péquenotte venue. Allez, ce soir ? Hum… Et demain ? La guerre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-2935285361223369841?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/2935285361223369841/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=2935285361223369841' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/2935285361223369841'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/2935285361223369841'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/04/combler-lattente.html' title='COMBLER L&apos;ATTENTE'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-8419389994666116748</id><published>2008-04-07T23:38:00.000-07:00</published><updated>2008-04-15T23:28:30.831-07:00</updated><title type='text'>TANDIS QUE JE DESCENDAIS LE FLEUVE IMPASSIBLE</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pourquoi ça tombe toujours sur moi les confidences des hommes ? Pourquoi surtout les confidences des hommes du Moyen-Orient ?&lt;br /&gt;Est-ce qu’étant l’ajnabeyya ("l'étrangère"), la parole plus facile, le cœur plus ouvert ?&lt;br /&gt;De ma part, aussi, peut-être "le syndrome Cléopâtre", mon côté Romania antique : moi, dans la posture de « LA Femme parmi les hommes. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis aussi, j’ai une fâcheuse tendance (qui nuit considérablement à mon essor sentimental) : je vois l’individu comme un être non-sexué (sauf César mais ça c’est une autre histoire, un autre post en devenir). C’est dingue, non ? À chaque fois, ce n’est que des années lumières plus tard, que je me rends compte, que, nom de Dieu, oui, le sieur était bien équipé. J’avais pas percuté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça pour dire que je m’étais à peine remise de « Mes nichons en folie » (post 1 ou « Anastasia mondialisée») que me voilà avec D., à papoter le bout de gras, dans un bar d’Achrafiyeh.&lt;br /&gt;Rien de bien sensationnel. Deux vieux potes qui se sirotent pour l’un un café ; pour l’autre (moi) une limonade de citron et de menthe pulvérisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais D. vient de rentrer d'une belle semaine en Egypte, au Caire précisément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le mail qu'il m’a envoyé de là-bas, il me parlait de ses longues marches dans le vieux Caire, de ces arrêts dans les cafés Baladi à fumer la chicha, à papoter avec le petit peuple ou de ses haltes en bordure du Nil à juste savourer la magie du fleuve-roi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« J'ai souvent pensé à toi », écrivait-il. Non pour me draguer (je ne le lui permettrai pas, nous nous connaissons trop bien désormais, encore un, vous dis-je) mais pour dire cette commune passion à tous deux, l'Egypte sublimée, celle des films des années 50 en noir et blanc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'était très bien écrit, son mail, lyrique en diable. Mais cela n'était pas vrai. Dû moins manquait-il un épisode qui allait en modifier le goût, lui donner une amertume nauséeuse en même temps que, je crois, pour lui, délicieuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il aura fallu que César, toujours lui (mon étalon référent masculin) toute à sa connaissance instinctive de la nature humaine (patron de bar, ça aide à se construire une expérience infaillible), voyant D. revenir de son voyage au Caire, lui pose la seule question, en définitive, qui méritât notre attention :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Alors t'as baisé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que le D. en question avoue, partagé entre sa soudaine nouvelle gloire de maître queutard es-Moyen-Orient et sa relative culpabilité d'homme, de presque 50 ans, qui se croyait encore protéger du glauque sexuel :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Hum, hum, oui, deux égyptiennes en même temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le César, ça l'a profondément excité le truc. D’un seul coup, comme un jeune chiot tourneboulant entre les tables. Il voulait connaître les détails. Ce que l'une avait fait, l'autre refusé. Et puis ce lancinant mais ô combien universel : "Est-ce qu’elles se sont touchées l'une et l'autre?" qui lui montait de son boxer, soudainement trop serré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et, c'est là, dans les hésitations de D. à répondre, que j’ai compris que le trip n'était pas si reluisant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, D. se les étaient tassées ces deux Égyptiennes: Un "3/4H top chrono" de baise à trois, avait-il détaillé. Déjà, le timing, pour trois, ça augurait mal, c'était putain de short. Mais on ne sait jamais, tellement excitée le quidam qu’il en aurait vrillé yalla-yalla ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ben non, c’était pas ça. Pour se la choper son apothéose surtout, D. avait dû payer "20$ les deux. » Certes, un prix promo, un genre de « Tu paies la première, la seconde est gratuite », imbattable que même les « Russes », en monopole sur ce segment de marché au Levant, pouvaient aller se rhabiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais quand même D., ça le rabaissait soudain l'usage de ces deux maquerelles pour se dégorger le poireau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai toujours gardé de mon enfance une profonde tendresse pour le milieu des prostituées. L'une de mes tantes en étant (l'autre vit recluse dans un monastère, by the way), mes week-ends chez Tata Monique "Deux qui la tiennent, Trois qui la niquent" revêtaient une espèce d’auréole mystique, d'interdits soudain offerts à mes possibles investigations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je conserve encore pour la chaîne en or à la cheville voire, extrême excitant de ma libido, celle de la taille descendant vers... Une nostalgie langoureuse (bien que je l'admette, de fort mauvais goût).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi que, en reportage en mer Rouge, vers le port de Safaga, je m'étais trouvée comme bar d'attache, pour mes soirées languides, un bastringue 100 % égyptien où jouer au billard, siroter un thé. Le tout entouré de trois ou quatre plantureuses matrônes, tendance hôtesses de bar Américain, revisitées à la sauce égyptienne, ventre voluptueux sur talons poussiéreux, qui te dorlotaient le client, au moins les réguliers, avec une bonne dose maternante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc, malgré l’air un rien contrit de D., j’imaginais son escapade à l’identique. Et si je pouvais vaguement déplorer l’usage de l’argent, je ne comprenais pas pourquoi D. n’avait pas ce sourire, presque carnassier, au moins canaille, de celui qui s’est éclaté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème, D. le reniflera à plusieurs reprises, revenant à son épisode égyptien comme au souvenir d’une transe ou mieux d’un rituel initiatique. Il aura d’abord du mal à dire, définir. Car, au final, son épisode extatique, aura eu le goût de la catastrophe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’abord, il dira que ces deux beautés étaient novices, "autour de 18 ans", pas encore passées pros, qui voyaient là, un moyen de se récupérer, en moins d'une heure chrono, la somme qu'elles auraient à peine gagnée en une journée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, tout de suite la poésie des bas-fonds, elle en prend un sacré coup.&lt;br /&gt;Et, là d'un seul coup, on se rappelle quand même que l'Egypte est au bord de l'explosion sociale. L'augmentation du prix du pain comme ferment d'une révolte qui s'associe aux futures élections municipales (et à l'incarcération des militants des Frères Musulmans).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je me baladais le long du Nil quand deux mômes, en abaya, sont venues vers moi pour me vendre des foulards. Elles disaient en Anglais "Please, Ostezze, buy something. Look, beautiful scarfs. Not expensive, Gift, Ostezze, very gift"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D. leur répond en Arabe que non, merci, vraiment, il n'a besoin de rien, encore moins d'un foulard synthétique rose dont il ne saurait que faire. Mais il est gentil D. : Il finit par leur en acheter un de leurs foulards minables, leur refourgue quelques roupies et continue sa marche toute à la beauté du Nil, bien sûr, du fleuve Impassible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est alors que l'une d'entre elles lui court après et lui jette un :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Tu veux rien d'autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Autant dire que la puissance fantasmante de D. s'est mise à pulser grave. Non pas qu'au début, il ait envisagé la trinité bienheureuse. " Elles n’ont pas voulu se quitter, on est montés à trois" mais juste qu'il se voyait bien - et pour la première fois de sa vie - cravacher en Arabe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faut dire que D. quand il baise, la plupart du temps, c’est en Français, parfois en Anglais aussi mais jamais en Arabe, pourtant sa langue maternelle. Ce n’est pas non plus qu’il ne fornique qu’avec des étrangères. Non, lui, il fait l’amour avec des libanaises, mais en Français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Après ou avant, éventuellement, l'Arabe revient. Mais pendant, c'est toujours en Français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Combien de fois ai-je entendu cette fêlure qui interdit de recourir à l'Arabe dans l'acte sexuel ? L’Arabe, soudain, langue sacralisée en même temps que… D'une vulgarité confondante. Pourtant, comme dit César, qui, lui, gazouille comme un fou le Libanais même avec des francophones (mais pas avec moi, un autre, vous dis-je): "En Français aussi : "Suce moi", c'est limite."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D. ne reconnaît pas le blocage psychologique. L’Arabe, la langue, sa matrice tendue vers la sacralisation. « C'est pas moi qui aie un problème. Moi, je ne rêve que de ça, qu'une femme me disent : « Vas-y », « Oui, plus fort », « Oh oui, je jouis » en Arabe. C'est chez elles que ça passe pas. » On laissera D., pour l’heure, à ses illusions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez je vous refais le coup du push-up ? D’un détail déluré, une leçon de vie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je crois ce problème psychologique à l’échelle de tout un peuple. Oh bien sûr, je n'ignore pas l'absolu exotisme de jouir dans une autre langue que la sienne.&lt;br /&gt;Et pour certaines libanaises, de surcroît, le Français, à cet instant-là, d'une sublime préciosité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais de la même façon que les enfants de la Shoah, l’ensemble des Israéliens souffrent du traumatisme de survivant qui se reporte de génération en génération. Le problème de l’intimité sexuelle arabe est lié à des causes bien plus lourdes à porter dont... L’échec du nationalisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou, pour être plus exacte, le nationalisme, pour suppléer au manque de profondeur du concept de « nations» au Moyen-Orient, a crée des Totems, chargés d’en porter tous les symboles sublimes.&lt;br /&gt;Parmi eux, la Terre féminisée, la Terre souffrante (le viol israélien notamment ou américain en ces jours de croisades contre les forces du Mal), qui n’attend que l’ensemencement bienfaiteur : la libération de ses enfants, de ses hommes (guerriers, of course). A l’image de la Femme/de la Mère qui porte tous les espoirs, la Terre, Matrice de l’Arabité sainte et sacrée, devient trop vertueuse pour supporter la vulgarité des assauts masculins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Baiser en Arabe, d’un seul coup, c’est baiser une sœur, pire, SA mère et revenir à l’inceste originel des tragédies grecques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas mal, un, comme interprétation ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour vers les deux midinettes en abaya noire du bord du Nil qui donc, croyait D., allaient lui révèler le monde vivant derrière les mythes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fébrile, et pour tout dire, désormais, excité comme un poux, D. entame la négociation (du fric) avec le concierge de l’hôtel ***** stars où il créchait pendant son séjour. Le deal est vite arrangé, le concierge même 5 étoiles a l'habitude : les deux belles de nuit passeront par la porte de service.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourrait s’attendre à une apothéose. Le rituel de la douche terminé quelque chose qu’il atteindrait enfin après des années d’errance : deux nanas, vicieuses comme savent l’être les Egyptiennes (n’oubliez pas, nous mations tous deux enfants, les films égyptiens alors on sait comment elles sont ces infâmes courtisanes), chantonnant en Arabe…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais non... Quelque chose qui bloque… Les filles « pas assez pros » ou pas vraiment enthousiastes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les filles donc qui s’installent sur le lit, leur corps inerte et attendent, aussi froides et tétanisées que des statues.&lt;br /&gt;Elles n’auront pas un mot. Elles ne diront rien. Rien, pas même, pour pas qu’il s’éternise trop, je ne sais pas moi, a minima, un: « oh la la, c’est bon. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le vide de la chambre désertée, quand leurs pas discrets se sont éteints le long du corridor, il s’est terminé a mano.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui-même déserté, vidé, mais ne sachant pas s’il fallait se détester pour ce qu’il venait de faire, pour ce que cela lui révélait de sa fatigue existentielle, de sa date limite de péremption.&lt;br /&gt;Avec, derrière, dans la tête, le terrible : « Voilà, maintenant j’ai 50 ans. Je paie. » (En bon égoïste, il n’a jamais envisagé que la petite jeunette elle, dès 16 ans, et dans une société musulmane croyante, en était déjà à accepter son destin de femme-objet, femme humiliée, rabaissée, anéantie.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou si, comme à César, "mon" chien-fou, il fallait encore laisser briller dans l'ombre, ce petit rien excité, ce désir permanent, poussé jusqu’à la consommation, mais jamais cependant jusqu’à l’accomplissement bienheureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que, et tout est dit là du désoeuvrement de D., pute ou pas : « Cela fait si longtemps que je n’ai pas dit « Je t’aime » à quelqu’un. » Cela, il le dit longtemps après m'avoir raconté son épisode égyptien. J'y vois pourtant comme une évidente conclusion.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-8419389994666116748?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/8419389994666116748/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=8419389994666116748' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/8419389994666116748'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/8419389994666116748'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/04/tandis-que-je-descendais-le-fleuve.html' title='TANDIS QUE JE DESCENDAIS LE FLEUVE IMPASSIBLE'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-1724708708349886964.post-7441471946669482711</id><published>2008-04-07T03:41:00.000-07:00</published><updated>2008-04-07T03:50:20.690-07:00</updated><title type='text'>ANASTASIA MONDIALISEE</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voyant se déshabiller ma room-mate, ANASTASIA, 21 ans, ronde comme la terre quand elle se décide à porter des fruits multiples, câlins nounours et prières chrétiennes avant de dormir, d'un seul coup, oui, un truc qui me crapahute l'esprit... Un problème d'intégration à Beyrouth, au Liban peut-être, mon premier choc culturel. Voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attention, le substrat est intense :&lt;br /&gt;Les filles ici portent-elles toutes en permanence des soutiens-gorge armaturés ? Des push-up très exactement ? La nuit comme le jour ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en ai acheté un, en Palestine, de soutif à balconnets propulseurs, faute d'avoir prévu le strict nécessaire lors de mon dernier retour à Jérusalem.&lt;br /&gt;Me voilà désormais en beige satin, « made in China » (inévitablement), 50 shekels (10 euros), sonnant sur les portails de sécurité israéliens because les armatures renforcées.&lt;br /&gt;Oh, l'infini plaisir du soldat à la frontière, à qui j'ai du tendre mon soutien-gorge avec, derrière, quelques Palestoches également intéressés, pour ensuite repasser dans l'appareil à neutrons et jets de lave, censé détecter je ne sais pas quoi sur ma suspecte de personne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais revenons à ma beyrouthine, ANASTASIA donc (c'est à peine croyable, non, ce prénom ? Walt Disney avant l'heure, ici même, au pays merveilleux de l'oncle Hariri), n'enlève jamais le haut pour dormir. Ni le bas d'ailleurs.&lt;br /&gt;Et le bas, mazette, souvent fluo, avec une prédominance de vert pomme, de rose intense ou de rouge primaire, lui remonte, mamamilla, lui remonte... Et bien, je crois bien, précisément, jusqu'à la poitrine. Tous les soirs, la douce ANASTASIA s'enfourne ainsi dans le lit pour dormir, avec, of course, en plus, un pyjama à gros coeurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etonnée - et toujours invraisemblablement journaliste - j'ai testé mon cheptel local : Douze très jeunes Libanaises (sauf moi, older bass comme dit César : « Tu as encore l'esprit jeune. Et puis tes jambes sont musclées, non? » Il vérifie. Il n'est pas très sûr. ça pourrait l'intéresser, en cas d'urgence peut-être, dû moins si la fermeté de mes cuisses s'avérait bien réelle.)&lt;br /&gt;Ici, donc, douze fifilles, la plupart étudiantes, vivotant en commun dans cet appartement d'Achrafiyeh où nous louons toutes, le quartier, Beyrouth elle-même, devenant trop cher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Résultat de mon enquête  : le push-up, toujours vous dis-je, le push-up sur bonnets C/D dans tout le Moyen-Orient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en vois une, au moins, parmi mes copines, qui va me répondre d'un " Ne touche à rien, wouhaou, douze putains de nanas désoeuvrées... J'arrive... " Enfin, elle jouera chouya les dégoûtées, le côté D de la chose (elle aime l'immature et les petits tétons, à peine éclos, que voulez-vous) mais douze nanas tout de même, je la connais, la gueuse, elle ne résistera pas à en faire tomber une de ces toutes jeunes femmes vers le côté obscur des no-straight assumées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais moi, cela ne réglera pas mon problème. Enfin, en même temps, si, peut-être un peu : ANASTASIA honteuse, digérant sa révélation sexuelle, pourrait bien retourner dans le Chouf, après le passage de mon amie, me laissant seule enfin dans la chambre sans plus de nounours et de smack-smack au Christ en croix au moment de dormir...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je m'éloigne de mon sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voyez-vous, ma grand-mère, à qui je dois tout en matière d'hygiène corporelle, m'a toujours assurée que, au soir venu, il FALLAIT se libérer le mèche-mèche ("l'abricot" donc). Et accessoirement laisser voltiger, libres vers les dieux divins, les étoiles ou les djinns (encore que, les djinns, l'incantation est problématique, il vaut mieux s'en préserver) une poitrine soudain redevenue sauvageonne, un corps à tout le moins libéré de ses apprêts.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une amie, à qui, déjà, je mailais mes atermoiements érotico-politiques sur la délicate situation du Liban, m'assurait qu'il lui arrivait, à elle aussi, de trouver sa grand-mère, en plein après-midi, en djellabiyya large, préparant le couscous, les seins en "récréation."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, cette autre de mes amies est encore, une de ces tounssiyya à la mords-moi le noeud, pied-nouzes vénérés, à qui, peut-être et bien que l'éducation des bonnes soeurs de la Charité soit passée par là, il manque toujours ce vernis civilisateur, si cher à notre Doktor Bush.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui m'amène à plusieurs questions (pas Bush, le push-up)  toutes aussi essentielles dont l'une  me paraît primordiale :&lt;br /&gt;La libéralisation de la femme Arabe  - ou son nouvel esclavage -  se joue-t-il dans le choix du soutinge à effets compressifs ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tandis que je matais ma princesse ANASTASIA se pliant aux désirs masculins - les seins bombés vers les hauteurs vertigineuses dans un espoir immense, bien que non encore consommé, d'envolées sismiques -, je me disais qu'ici, au Machrek, plus qu'en Europe ou aux Etats-Unis, nous, autres femmes, servons de souris de laboratoires, de Marilyn littéralement entubées, au renouveau mondial du grand patriarcat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et même si le Liban se pense unique, bien loin des autres attardés mentaux de la région, cela reste un putain de pays arabe où le machisme est à ce point intériorisé que les femmes ne se rendent même plus compte qu'elles succombent-là à un énième avatar de la société patriarcale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, Croisés de « l'outre monde » (pour reprendre une expression médiévale qui me ravit les doigts sur le clavier) l'Occident, en matière de domination masculine sous couvert de beauté féminine sublimée, se porte bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À qui les devons-nous donc nos push-up, un ? Certes ces divines petites choses - censées nous familiariser avec l'oeil vitreux des Don Juan Borsalino sur nos décolletées - sont fabriqués en Chine, mais le design, la gangue, un ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans le genre, c'est plutôt diablement Américain... À l'idoine, je crois, des opérations esthétiques, des nouveaux tenseurs pour se muscler le vagin (et mieux ainsi faire jouir le doudou en resserrant les muscles intimes sur sa queue gonflée. C'était dans « Elle » Liban ou équivalent)... Sauf qu'ici, traversant la mer, le désir masculin s'érige en caricature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n'ai rien contre le fait de resserrer les muscles, leche la, en effet (et puis ça poussera peut-être César à me proposer un verre, un soir, si momken je lui dis que je pratique intense les exercices préconisés par « Elle »), je n'ai même rien contre les push-up mais les scarifications torturantes que certaines Libanaises s'imposent pour mieux coller aux masculins désirables me donnent la chair de poule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Reluquant les mômes de mon appartement, aux innocentes peluches en même temps qu'au maquillage de vieille maquerelle, je ne puis m'empêcher d'avoir le cœur serré face à ces jeunes femmes dont, in fine, le désir si lancinant ne traduit que la quête du Prince Charmant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, je dois bien l'avouer, ma familiarité avec le monde musulman, me pousse à trouver dans la timidité des corps exhibés quelque chose de précieux. Comme si, au moins, la chair dissimulée, voilée (non au sens islamique mais – oserai-je ?- Flaubertien du terme dans Salammbô, wahouh, matez quand même la référence), me paraît bien plus fantasmant, séducteur que toutes ces chairs données, apprêtées, maquillées, déformées. Peut-être est-ce là encore une figuration des masculinités dominantes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que faire ? Une manifestation de femmes sur la place des Martyrs, les push-up en même temps que les voiles brandies en étendard d'une saine révolte ? Je le crains, hélas, le public beyrouthin, n'est pas prêt du tout à ce genre de démonstrations même si nous avons eu, il y a peu, une marche de protestation en pyjama des habitants de Gémazeh, quartier ultra-branché de Beyrouth, fatigués – d'où le pyj - de devoir se tasser tous les alcoolos nocturnes du Liban.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Si cependant le push-up vous turlupine encore, lisez donc cet auteur à l'intelligence vive, bien que désormais démodé, et peut-être un rien limite (ses accointances juvéniles avec le Parti populaire syrien) le palestinien Hischam Sharabi sur le renouveau du patriarcat dans les sociétés arabes.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/1724708708349886964-7441471946669482711?l=lalevantine.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lalevantine.blogspot.com/feeds/7441471946669482711/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=1724708708349886964&amp;postID=7441471946669482711' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7441471946669482711'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/1724708708349886964/posts/default/7441471946669482711'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lalevantine.blogspot.com/2008/04/anastasia-mondialisee.html' title='ANASTASIA MONDIALISEE'/><author><name>Nanou Chergui</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12125805948070821189</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='10429211182632093725'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry></feed>